Le credo de la démocratie a fini par lasser le citoyen Marocain, dès lors que la démocratie n’est pas la panacée, aussi longtemps que les conditions de son bon fonctionnement ne sont pas réunies. 

Face aux défis qui s’imposent à elle, la société Marocaine donne l’impression d’un groupement plongé dans la torpeur, dans l’absence très présente de débats publics et dans le repli tous azimuts- identitaire, idéologique et cultuel. Pourtant, le Maroc ne manque pas d’atouts- une tradition de solidarité, des partis enclins aux compromis, des associations florissantes avec en prime un attachement des Marocains à l’Etat.

En outre, et aussi paradoxal que cela puisse paraître, la crise actuelle peut constituer pour notre pays une belle opportunité pour de meilleures perspectives, pour autant que le dire se décline en agir, en sortant du cadre des intentions. Toutefois, le changement de cap requis a besoin d’une vision claire et de l’adhésion de tous, ce qui fait défaut actuellement.

D’où la nécessité d’un  Etat stratège, capable de proactivité pour fixer des orientations d’avenir et de mettre en œuvre des politiques publiques intégrées et structurantes. Un Etat qui encourage le débat public au lieu de le craindre et de le museler. Cela demande une mobilisation des forces vives de même que les opérateurs socio-économiques autour des problématiques et des enjeux stratégiques. Et si besoin est, de négocier des compromis pour un nouveau contrat social.

A défaut, la démocratie n’est plus qu’un vernis qui cache des misères. Une démocratie où la majorité s’arroge le droit de tout faire au nom du mandat du peuple et où l’opposition se perd en dénigrements stériles, et où l’opposition demeure incapable de proposer des projets alternatifs. 

La conséquence coule de source. C’est plus de désaffection de la politique et de moins en moins de participation dans les échéances électorales, les citoyens renonçant à la participation minimale que constitue l’acte de voter!

Mostafa Melgou, Chercheur en économie et Expert du secteur bancaire et financier. Ancien cadre supérieur de plusieurs groupes bancaires dont notamment la BMCI, la Saudi French Bank à Jeddah et ABNAMRO Bank. Il est co-fondateur de la plateforme ANALYZ.MA