Par Khouloud Kebali

Je contemple deux articles de notre constitution, ce document que je brandis souvent (très souvent) à chaque doute, chaque questionnement ou chaque critique qui m’est adressée parce que « j’y crois plus que tout », parce que « c’est mon pays et puis c’est tout », parce que je l’aime.

J’observe ces lignes : TITRE II LIBERTÉS ET DROITS FONDAMENTAUX

Article 19: L’homme et la femme jouissent, à égalité, des droits et libertés à caractère civil, politique, économique, social, culturel et environnemental, énoncés dans le présent titre et dans les autres dispositions de la Constitution, ainsi que dans les conventions et pactes internationaux dûment ratifiés par le Royaume et ce, dans le respect des dispositions de la Constitution, des constantes et des lois du Royaume.

Article 25: Sont garanties les libertés de pensée, d’opinion et d’expression sous toutes ses formes. Sont garanties les libertés de création, de publication et d’exposition en matière littéraire et artistique et de recherche scientifique et technique….

Et je cherche la faille, peut être que je ne sais pas lire, ou alors les messages derrière et non entre les lignes, sont tellement bien cachés qu’il faut être devin pour les saisir. Car si ces deux paragraphes sont clairs limpides, pourquoi un jeune journaliste / militant est-il en ce moment même derrière les barreaux ? Il a critiqué un jugement, un process, des sentences trop lourdes à l’encontre d’une jeunesse en perdition dont la plupart ne cherchait que le « mieux », le décent et le digne…

Le basic ?! Si ces deux paragraphes sont clairs limpides, pourquoi TOUT ce qui les entoure n’est que flou, brouillard et contradiction ?

Je relis les lignes, cherchant le couac… Et je me rends à une évidence aussi brutale qu’une dague enfoncée en mon âme : C’est peut-être « nous » les erreurs… Enfants qui osons critiquer, contredire les « grands »… C’est peut-être nous qui sommes à blâmer… De vouloir redresser la barre.

Sais pas… Suis plus très sûre, tiens…

Pourtant, ils sont tellement clairs ces deux paragraphes, qu’on s’y perd. Finalement.

Khouloud Kebali , Journaliste, Consultante en communication et médias