La guerre intestine à laquelle se livrent les dirigeants du PAM depuis quelques mois, n’était pas imprévisible. Et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle elle ne provoque aucune vague dans le lac déjà stagnant de la politique au Maroc.  

Le PAM est un parti qui est né dans un contexte très spécifique où plusieurs partis qu’on qualifiait jadis de « partis de l’administration »; de nombreux technocrates en quête de reconnaissance mais surtout de pouvoir; de nombreuses figures de la gauche des années de plomb, tous et toutes, se sont rassemblés autour d’un projet politique qui n’en jamais été un.

Cette élite hétéroclite n’a jamais pris le temps de travailler sur un projet de société. Elle n’a jamais pris la peine de formuler une ligne politique avec un minimum de cohérence. Elle n’a jamais ressenti le besoin de s’enraciner dans la société et de se présenter autrement qu’en étant le nouveau parti du Pouvoir. 

En l’absence de tous ces éléments rudimentaires qui font un parti politique « normal », la seule chose qui maintenait ce beau monde ensemble, c’était la proximité fictive et effective en même temps vis à vis d’une sphère de pouvoir qui, de toutes les manières, a fini par se rendre à l’évidence que le PAM était une fausse bonne idée. 

Pire encore, le renforcement du PAM n’a fait que renforcer davantage le PJD. Or, l’enjeu était d’affaiblir ce dernier.  

Faut-il encore miser sur le PAM? Cela serait une erreur fatale dont seul le PJD va tirer profit. Faut-il plutôt le dissoudre ? Pas forcément. Mais il serait souhaitable de l’aider à devenir un « parti », à prendre sa juste taille et à prouver sa raison d’exister. 

Le meilleur scénario serait une absorption par l’USFP. Ce n’est pas de la politique fiction. Au contraire, une partie de la population pamiste, notamment les jeunes parlementaires, de nombreux élus locaux et les cadres, peut apporter une plus-value au parti de Driss Lachguar boudé par les urnes et déserté par ses propres militants. L’autre partie peut intégrer l’Istiqlal. Quant aux nouveaux milliardaires, ils feraient bien de s’éloigner carrément de la politique. 

Pour contrer un PJD toujours en forme, il faut renforcer l’Istiqlal ou l’USFP, ou les deux en même temps. Le RNI n’est pas fait pour jouer un premier rôle. 

Le festival des décisions et des contre-décisions au sein de la direction actuelle du PAM est la preuve de l’absence d’une bonne éducation politique et organisationnelle. Hakim Ben Chemmach est un bon type, mais pas un leader. 

Il souffre d’un manque de charisme pour ne pas dire de personnalité. Un chef de parti, Président d’une chambre parlementaire de surcroît, se fait gifler par un simple adhèrent, et il ne réagit point. Il aurait dû saisir le Ministère Public ne serait-ce que par respect pour l’institution constitutionnelle qu’il préside. 

Mot de la fin :

Ayant coûté au Maroc deux mandats PJD, le PAM est décidément une erreur à ne plus commettre.

AnalyZ