Par Tariq AKDIM

Depuis plus de deux mois tout ne semble plus pareil. Tout est peu ou prou en confinement, la situation au Maroc comme ailleurs ne semble pas s’arranger avec la prolifération du virus. Cet invisible au temps des incertitudes nous interpelle à plus d’un titre. 

Au temps des postmodernités, nous voici interpellés dans nos territoires du vécu, bien que la fonction sécuritaire prime, il faut bel et bien souligner que ces territoires sont aussi le fruit de ce que nous avons fait d’eux. Devant ce temps autres, certains territoires qui souffrent déjà des conditions géographiques se remettent en cause et se cherchent des voies. À la montagne pour ne prendre que cet exemple, les conditions sont autres que celles des villes. Que faire ?

L’acteur territorial est aujourd’hui appelé à redéfinir son rôle et sa place dans l’action publique et doit impérativement retrouver le sens de son temps qui, faut-il le rappeler n’est pas le temps des mandats politiques et c’est cela un des paradoxes à soulever du développement territorial.

Mais, puisque nous parlons de l’autre temps, c’est-à-dire du temps de l’après-crise, il est indispensable de reconstruire nos territoires sur la base de deux principes : Le premier est la résilience, le second est la régulation.

Si la résilience semble auparavant un terme à la mode, aujourd’hui, elle devient un facteur déterminant pour asseoir nos territoires sur de nouvelles pratiques porteuses d’un bon sens pour que le citoyen s’engage dans cette vision des choses. « La résilience est donc une mise en mouvement, une recherche perpétuelle d’équilibre dynamique entre des caractéristiques paradoxales et des processus contraires : court terme et temps long, échelle locale et mondialisation, redondance et efficacité, sur-mesure et prêt-à-porter, autonomie et dépendance… Il semble que son étude doive également rechercher l’équilibre entre une analyse systémique « méta » replaçant le territoire dans des dynamiques mondiales, économiques notamment, et une approche « infra » par monographies locales fines ».

In finie, un territoire résilient est un territoire capable d’anticiper les perturbations, d’en minimiser les effets et de se relever et de rebondir grâce à l’apprentissage, l’adaptation et l’innovation.

Nos territoires en souffrance notamment nos espaces sensibles tels qu’ils sont traduits dans la réflexion sur l’aménagement du territoire méritent une déconstruction dans le sens d’une mise en congruence de l’approche par les vulnérabilités, qu’elles soient sociale, démographique, environnementale ou économique.

Pour n’aborder que la vulnérabilité économique du territoire, on peut notamment s’inspirer des travaux de Laurent Davezies. Dans « La crise qui vient » (Davezies, 2012), l’auteur nous montre la fragilité grandissante des territoires les plus dépendants et sensibles à l’évolution des dépenses publiques », et c’est une autre question qui se pose dans les territoires : la régulation…

A suivre..

Tariq AKDIMChroniqueur et Economiste des territoires. Il est aussi Directeur de rédaction de la Revue Adrar Voice