Notre économie est essoufflée, nos finances publiques exsangues. Nul besoin de le démontrer, tellement sont éloquentes les statistiques, de surcroît officielles. Les rustines et les mesurettes ne sont plus de mise. Nous les avons essayées des décennies durant ; la situation ne fait qu’empirer. Le Maroc manque de vision et de cap ; il pare au plus pressé- le conjoncturel et le court terme.

Ce que je crois être le prélude à des solutions structurantes à notre impasse, serait de faire la politique autrement, c’est-à-dire adopter une nouvelle politique. Cette politique a besoin d’un diagnostic probant, pour identifier les causes à l’origine de notre retard car jusqu’ici l’on s’est complu à agir sur les conséquences, les prenant pour des causes, dans l’attente de jours meilleurs. Cette politique a besoin aussi d’une stratégie prospective qui s’étalera sur vingt ans, avec des points d’étapes réguliers.

Dans l’attente de ce chantier novateur, il est urgent d’ores et déjà d’envisager une bonne politique de rigueur en commençant par la MORALISATION des dépenses publiques et l’OPTIMISATION des ressources.

Le Maroc a vécu jusqu’ici au dessus de ses moyens. Je fais allusion ici aux charges de fonctionnement de l’Etat et de ses administrations.

Je m’interroge : En guise de solutions pratiques, qu’est-ce qui a empêché la formation de gouvernements ramassés, construits autour de trois Ministères locomotifs- Un pôle DEVELOPPEMENT HUMAIN comprenant l’éducation, la santé, l’emploi, la solidarité et tout ce qui a trait au développement de l’homme ; un pôle INFRASTRUCTURE comprenant l’équipement, l’urbanisme, la réforme agraire, la politique de la ville, le tourisme, l’écologie et tout ce qui a trait à l’ENVIRONNEMENT SPATIAL c’est-à-dire notre habitable ; un pôle ECONOMIQUE comprenant les finances, la monnaie, les investissements, le commerce extérieur et tout ce qui a trait à la croissance économiques et aux équilibres budgétaires. Autre piste pratique pour faire des économies de charges- le Maroc ayant aujourd’hui son Conseil Economique et Social (CES), il serait judicieux d’opter pour une représentation parlementaire moins pléthorique que l’actuelle qui obère nos finances publiques pour de piètres performances.

Il faut le dégrossir de moitié et le Maroc ne s’en portera que mieux.

Parallèlement, il faut revoir la rémunération des « représentants de la Nation » participant du principe que la députation n’est pas un METIER. Des jetons de présence pourraient largement faire l’affaire en lieu et place des émoluments substantiels perçus aujourd’hui.

Mais à ce que je constate, le Gouvernement Othmani a choisi la voie de ses prédécesseurs, c’est-à-dire la fuite en avant sauf que les anciens gouvernements bénéficiaient d’un environnement économique mondiale – d’avant la crise de 2008- moins morose que l’actuel.

L’ordre économique international a entamé un nouveau tournant dont nos gouvernants ne semblent pas en être conscients. A défaut d’une restructuration de fond de notre économie et une révision de fond en comble de nos choix, notre pays notre pays perdra aussi bien la bataille de la croissance que celle du redressement de nos finances publiques.

Godot ne peut sauver à tous les coups.
Qui vivra verra !!

Mostafa MelgouChercheur en économie et Expert du secteur bancaire et financier. Ancien cadre supérieur de plusieurs groupes bancaires dont notamment la BMCI, la Saudi French Bank à Jeddah, Sahara Bank en Libye, et ABNAMRO Bank. Il est co-fondateur de la plateforme ANALYZ.MA