Par Abdelkader Bourhim*

Pouvons-nous prétendre bâtir un projet Maroc football structuré, solide et productif avec comme seule arme de l’improvisation et de l’entêtement à vouloir copier la flamboyance du spectacle football qui nous ai servi chaque weekend par écran interposé à travers la planète?

Non, ce beau spectacle football que nous consommons goulument chaque weekend devant nos télés à audiences vertigineuses n’est pas tombé du ciel et rien de tout cela n’est improvisé. Ce football, qui nous ai servi dans de beaux écrins pleins à craquer offrant des images magiques commentées par des professionnels et des analystes compétents, est le fruit d’une véritable politique sportive et de véritables projets de développement pilotés par une rigueur managériale de toute épreuve.

Ce sont des femmes et des hommes qui font leur travail dans un environnement structuré avec des règles, des lois et un cadre bien défini. Conscients de participer à un cercle vertueux qui procure du plaisir, des revenus financiers pour les investisseurs, des créations d’emplois, du rayonnement et de la fierté de prendre part au progrès social et économique d’une nation.

Si nous sommes dépassés aujourd’hui par des nations bien plus modestes économiquement que nous, c’est parce que nous avons refusé d’accepter les règles universelles de management du football en espérant secrètement pouvoir y arriver juste en copiant les belles images du football des autres et en faisant appel à des jeunes en manque de revenu pour confectionner des backdrops, des logos sur les tenus des équipes qui les rendent parfois ridicules, tellement ça ressemble parfois au rayon promo d’un super marché.

Cette naïveté nous a mené forcément au ridicule, celui d’une improvisation néfaste qui nous emprisonne dans un copier-coller dénué de toute imagination. Cette improvisation qui se nourrie des images et des tifos flamboyants des derby Casablancais et nous sert ces one shot bien corsés en guise de petit arbre magique qui cache la forêt de notre foot. Ce petit arbre qui cache le fait:

– Que notre football n’ai pas assez structuré pour être un acteur économique fiable

– Que nos clubs (pro!!!) ne sont que de simples associations sportives non productives

– Qu’une grande majorité des joueurs de ces clubs ne sont pas payés depuis belle lurette

– Que certains clubs n’ont même pas les moyens de se déplacer (prendre le car quoi? Non pas l’avion……non non, c’est trop demandé)

– Que La quasi-totalité de ces clubs ou presque n’ont pas les moyens de recruter des grands joueurs (acheter des joueurs. Oui, les joueurs ça s’achète ? Oui oui oui oui……)

– Que nos stades sont vides de spectateurs exception faite du stade de Casablanca (encore Casa, encore le derby ???? désolé y’a que ça à vous servir pour l’instant mais désolé pour l’organisation moyenâgeuse)

– Que les matches de notre championnat (pro ????) sont retransmis d’une manière catastrophique et que les commentateurs de ces matches font mal aux oreilles

– Que la société sportive qui réglera une grande partie de ces problèmes n’est pas prête de voir le jour.

– Que les investisseurs, nos investisseurs sont frustrés par le fait que c’est quasi impossible pour eux de faire du business dans le foot au Maroc aujourd’hui. Oui je les comprends car cela est une aventure sans un vrai cadre juridique et des règles du jeu économiques claires et bien définies.

– Que notre équipe nationale du foot n’a gagnée aucun titre majeur depuis la CAN 1976.

Je ne parlerais pas de la gestion, du management opérationnel, de l’exploitation, de la logistique, de la sécurité, du merchandising, de B to B et de……………Ce sont là, des termes barbares qui ne disent rien à notre football et dont il est très allergique et pourtant chers amis, le Maroc est un pays de football. SVP, Prenez tous un ballon dans vos bras à l’occasion et faites lui un câlin et dites-lui qu’on t’aime mais nous ne savons quoi faire de toi?

PS: je suis un optimiste.

Abdelkader Bourhim / Consultant en Management du Sport