Par Boucher Bendine TaoufikConsultant Média et Diaspora

Pari presque gagné pour le Maroc face à la pandémie du COVID-19 suite à la batterie de décisions rapides pour éviter le pire. S’il n’y avait le cas complexe des marocains bloqués à travers le monde. Près de 28 000 personnes. Etudiants, hommes d’affaires, chercheurs, parents ou touristes. Un point noir dans la gestion de la crise sanitaire au Maroc. Pire encore, il y a une cette communication de crise qui ne pouvant apaiser les inquiétudes de ces marocains bloqués et de leurs familles, enflamme les réseaux sociaux.

Pourtant la diplomatie marocaine s’est mobilisée pour rassurer. Elle a multiplié les communiqués puis les déclarations sur les médias publics. Des messages vidéo de consuls, conçues visiblement à la hâte, sont publiés. Le fond et la forme ont été inefficaces. Plus encore, ils manifestent leur colère à Istanbul, Oran, Bruxelles, Algésiras. A Paris, 40 manifestants se font même verbaliser par la police française. Ils devront s’acquitter chacun de 135 euros alors qu’ils n’ont plus les moyens pour procurer des vivres en ce mois du ramadan qu’ils passent loin de leurs familles.

Une communication de crise qui révèle une crise de la communication que les marocains du monde subissent depuis longtemps. Inadaptation des canaux ou des outils ? Inadéquation des éléments de langage ou des formats ? Inefficacité des relais ? Manque de réactivité ? Les appels des marocains bloqués sont encore plus incisifs et clairs : « nous voulons juste rentrer chez nous».

Dans la gestion d’une crise, la transparence, la confiance et la pédagogie font partie de la solution. L’immobilisme et les effets d’annonce aggravent le problème et installent la méfiance. Les demi-mesures, les approximations ou les promesses n’apaisent pas les 28 000 concitoyens en détresse.

La stratégie de communication semblait esquiver la demande claire et précise des personnes bloquées : quand et comment le Maroc va-t-il rapatrier ces concitoyens ? On est encore loin de toute communication pédagogique rassurante sur les démarches en cours ou qui expliquerait les raisons objectives du blocage, les obstacles logistiques et la complexité des procédures.

Nous sommes face à une situation dramatique et la réponse actuelle n’est pas à la mesure d’une nation qui aspire vivement à un retour de la confiance et à une adhésion de toutes et de tous à la nouvelle dynamique, face aux défis de l’avenir.

Le retour de ces marocains dans leur famille et leur Maroc est une urgence extrême. Il y va de l’image même du royaume