Quand on accumule les déficits de lecture, on accumule les mauvais résultats en compréhension du monde. Lire est la clef pour comprendre son monde, pour décrypter le monde, pour décoder les chemins vers les autres et vers soi..

La carence en lecture engendre des montagnes d’obstacles pour comprendre un énoncé, pour concevoir un concept, pour déchiffrer une formule scientifique ou autre, pour saisir les propos d’un interlocuteur, pour expliquer des textes ardus que tout le monde s’approprie à tort,….

Lire est la brèche qui apporte la lumière dans les grottes obscurs, c’est l’ami qui tient la main pour aider à traverser les passages cloutés, qu’on ne voit, même pas. C’est le bon samaritain qui ouvre les esprits, aidant à les décloisonner de la solitude qui cannibalise  les boites crâniennes de l’inculte..

Et si en plus, on amassait les mauvaises habitudes, en cultivant les  comportements qui honnissent l’excellence, on fertiliserait le terreau où se reproduit la médiocrité. On entretiendrait le tabou, on mettrait en exergue la valorisation du silence. Le silence, le mutisme et l’autocensure  qui s’acharnent sur des sujets à ne jamais aborder: LE SAVOIR ET LA CONNAISSANCE.. 

Cultiver le silence par la primauté de l’ignorance. 

Mutisme sur les points de vue discordants, la censure des thématiques qui fâchent, la peur de la susceptibilité des incultes…on fermerait la porte au savoir, au raisonnement rationnel, à la connaissance, à la vision périphérique, aux discours tonitruants, à l’esprit critique, à l’investigation qui vérifie la crédibilité de l’information, à l’humour cinglant, à l’esprit corrosif qui dérange.

On répudierait l’intelligence, la créativité, le savoir faire, le savoir être, l’amour de l’humain et l’adaptabilité à son époque. On se priverait d’être contemporain  en s’accrochant à perpétuer des siècles non vérifiés. .Ne pas savoir lire est le préambule d’un grand biais de communication..

Savoir lire est le préalable au savoir écrire et communiquer.

Je vous parle de ces PHD, que j’ai connus et côtoyés, qui n’osent même pas écrire un courriel, de peur de commettre des fautes. Ils sont incapables de bien remplir un simple formulaire. La conséquence de la non maitrise d’une langue et du manque de lecture, ne peut que limiter les capacités conatives et distordre le cognitif. 

Sont nombreux ces docteurs qui n’ont jamais lu autre chose que les livres imposés par le cursus académique et le plus souvent, juste tâtonné de lire un livre sacré..

Un professeur de Biochimie, dans une université au Maroc et chercheur dans un Hôpital gériatrique à Sherbrooke, m’avait demandé conseil à propos d’éventuels cours de CULTURE GÉNÉRALE qu’il voudrait prendre, à l’université, car il a fini par réalisé qu’il est démuni de savoir. Il se sent largué pendant les réunions et les congrès au milieu de ses  pairs. Il se sent  déclassé pendant les discussions autour d’un verre dans le monde normal, car il manque de culture, de lecture et de curiosité intellectuelle. Il est devenu, uniquement, un technicien de laboratoire, maniant les éprouvettes..

Je lui ai répondu que la meilleure université en la matière, c’est la vie!

Lire au maximum, au quotidien, favoriser les attitudes qui incitent à la curiosité. Développer plusieurs centres d’intérêt .Ouvrir ses sensibilités au monde autour de lui. Sentir, déguster, regarder, observer, renifler, écouter, écouter, écouter….

Lire, lire, lire. La culture générale ne dépend pas d’un cumul de diplômes ni de la possession de titres ronflants..

Par Majid Blal, Ecrivain-romancier marocain établi au Canada. Il est l’auteur de (entre autres) Une femme pour pays.