De l informel ça parle beaucoup depuis longtemps , du côté des économistes et des specialistes de la sociologie urbaines comme du côté des représentants des pouvoirs publics et des élus locaux .

Phénomène trop agaçant pour les uns parce qu’il s’apparente à ce type de secteurs qui se dérobe le plus, de par sa nature même, à l’impôt public.
Secteur perturbateur de citadinité pour les autres parce que bousculant en plein centre villes les règles et règlements inhérents à la vie urbaine comme au bon fonctionnement de l’économie formelle .

Casse-tête pour les pouvoirs publics comme pour les élus en périodes plates comme en périodes électorales. 

Combien sont-ils dans nos grandes villes, ces informaliens employés de ce secteur appelé faute de mieux secteur informel ?

Difficile d’avancer un chiffre ne serait-ce qu’approximatif, en l absence de données fiables résultant d’un recensement plus ou moins exhaustif, pourtant faisable selon toutes les indices disponibles .

Difficile de croire les chiffres avancées ici et là par des sources disant se baser sur des statistiques. En fait, à voir ces chiffres et à les comparer avec ce qu’on peut observer à l œil nu, j’en viens à endosser cette phrase pertinente du célèbre psychologue cognitif suisse Jean Piaget qui disait : « les statistiques, c’est l art de mentir avec précision « .

Pour ma part et me fiant à mes sens de base et au bon sens commun, (la common decency d’Orwell) je me pose cette question toute brute : y’a-t-il encore aujaurd’hui un secteur qui ne soit pas entaché, à un degré ou à un autre, d’informalisme ? Et du coup, je ne peux m’empêcher de voir que les « informaliens » sont de nos jours aussi nombreux à occuper les lieux et espaces d’activités en milieu urbain que les cols blancs /cols bleus réunis. 

Et partant, cette interrogation inquiétante vient tarauder mon confort intellectuel et inquiéter profondément ma « conventional wisdom » ou ma sagesse conventionnelle ;

Des deux facettes de ce phénomène complexe, (le secteur informel) laquelle est la plus urgente à considérer et à débattre :

Trouble-fête citadin ou régulateur social de premier plan?

La parole est à messieurs les jurés.

Abderrahmane LamraniPolitologue, Universitaire et ancien Député et Dirigeant de l’USFP. Il est membre du CNDH