On nous a dit, lors de son lancement en 1993, que la privatisation avait pour objectifs la mise à niveau de notre économie et l’allègement des charges du budget de l’Etat. 

Qu’en-est-il de ses résultats aujourd’hui ? 

Le constat est accablant:

1. Plus ou moins 130 milliards de Dirhams ont été engrangés au titre de recettes des privatisations depuis 1993.

2. Ces recettes ont été noyées dans l’apurement des déficits budgétaires et pour partie, allouées à des fonds de développement (Fonds Hassan II, Fonds de développement industriel, agricole, d’investissement…etc), que ni le Gouvernement ni la représentation nationale ne contrôlent.

3. Aucune modernisation de notre économie n’a été relevée à ce jour – une économie extravertie, dépendante, confinée dans la sous-traitance et les services de bas d’échelle et partant, sans véritable création de richesse productive.

4. Contrairement à l’objectif affiché de réduire les charges du budget de l’État, celles-ci ne font que grossir, avec comme corollaire une aggravation de la dette publique.

5. L’État se retrouve aujourd’hui dépourvu de ses actifs économiques qui avaient été conçus comme outils-instruments de développement économique- Samir, SCP, ORMVA, BMCE, CIH,BP…
Moralité.

Les privatisations avaient profité à quelques barons locaux et profité, surtout,  aux groupes étrangers avec la conséquence qui coule de source- l’aliénation de notre économie aux intérêts étrangers.En bref, échec sur tous les plans et personne n’ a été soumis à une quelconque reddition, alors qu’il s’agissait de dilapidation d’actifs économiques publics.

Et maintenant qu’il ne reste plus grand chose à l’Etat, comme  d’actif à céder (privatiser), pour colmater ses déficits budgétaires, quelle solution ? 

Reste à espérer qu’il ne sera jamais question de privatiser l’Etat lui-même ou de le placer en gestion déléguée !

Mostafa Melgou,Chercheur en économie et Expert du secteur bancaire et financier. Ancien cadre supérieur de plusieurs groupes bancaires dont notamment la BMCI, la Saudi French Bank à Jeddah et ABNAMRO Bank. Il est co-fondateur de la plateforme ANALYZ.MA