Par Ilyas El Omari

Au vu de la propagation du virus COVID-19, et à la lumière de la mise en oeuvre des décisions et l’opérationnalisation des mesures préventives face aux impacts de la pandémie, nous commençons à apercevoir des changements significatifs dans le comportement humain; en l’occurence, les heures de repas et de sommeil, les modes de consommation, les activités culturelles, l’apprentissage ou la pratique de nouvelles compétences mais aussi les rituels religieux.

Il est plausible que le changement provoqué par la pandémie affectant le comportement humain est peut-être dû à l’utilisation d’Internet et principalement les plateformes de médias sociaux. Près de six milliards d’internautes passent une grande partie de leur temps dans ces espaces virtuels. En effet, depuis le déclenchement de la pandémie COVID-19, il y a eu une augmentation notable de l’utilisation des plateformes de médias sociaux.

Les conversations qui ont lieu dans ces espaces sociaux virtuels sont très différentes de celles qui se déroulent par exemple dans les médias traditionnels à l’instar des émissions télévisées, de radio ou dans la presse. Cette tendance aux nouvelles formes de communication a conduit à un changement rapide de comportement en termes d’appartenance géographique, sociale et culturelle, par rapport aux informations fournies par les plateformes médiatiques officielles.

Cela a, quelques soient les apparences, ouvert la voie à la genèse d’un nouvel être humain post-pandémique. Sans aucun doute, l’apparition de nouveaux comportements dans de larges segments de la population mondiale, conduira à l’émergence de nouvelles règles du jeu dans divers domaines, politique, économique, social et culturel.

Tout compte fait, le facteur décisif qui régira ces règles du jeu, résidera probablement dans le type de mesures qui ont été prises en réponse à la pandémie. Ainsi, les mesures qui vont apparaître désormais, réduiront, en effet, le coût des pertes.

Les pays qui se sont appuyés sur des solutions en fonction de leurs circonstances sans envisager l’avenir qui attend l’humanité après la pandémie du COVID-19, connaîtront inéluctablement de nombreuses autres crises. Personne ne peut imaginer aujourd’hui à quel point elles seront périlleuses.

L’ère post-pandémique pourrait inciter certaines grandes puissances, comme les États-Unis, le Royaume-Uni et autres, à provoquer une crise avec la Chine, afin de négocier avec Pékin d’une position de pouvoir – ou au moins d’égalité – sur leur intérêts économiques et sociaux, qui s’effondreront après la pandémie.

La gravité des effets post-pandémiques variera d’un pays à l’autre. Le coût de la crise de COVID-19 pour l’Asie de l’Est en général et la Chine en particulier, sera moins élevé que dans d’autres pays dont les économies et les structures sociales, politiques et culturelles paieront le fort prix après la fin de la pandémie.

Dans le cas des pays du tiers monde, comme ceux d’Afrique, d’Amérique du Sud et d’autres parties de l’Asie, la pandémie du COVID-19 sera une occasion inestimable de consolider leur indépendance de l’Occident et de reconsidérer les relations de leurs gouvernements avec leurs peuples.

Cependant, si ces pays continuent de suivre la même manière de faire les choses, leurs pertes seront plus graves qu’elles ne l’étaient à l’époque coloniale.

Certes, personne n’a anticipé l’opportunité offerte par la nature aujourd’hui avec l’épidémie COVID-19, mais c’est le moment opportun pour les pays du tiers monde de prendre des décisions pour se libérer de leur dépendance à l’égard des grandes puissances mondiales.

Quoi qu’il en soit, le monde sera sûrement témoin de l’effondrement des régimes politiques, des systèmes économiques et de la dislocation des sociétés.

Ilyas El OmariPrésident de ORF – Observer Research Foundation, Africa. Politicien et Activiste des droits de l’homme.