Un seul mot déplacé peut me précipiter vers les urgences d’un hôpital !

Les blessures narcissiques peuvent faire des dégâts post-traumatiques aussi dévastateurs qu’une séance de falaqa au sein du sinistre Derb Moulay Chrif !

Je n’ai ni la cuirasse des arrivistes de la politique, ni le culot des affairistes qui peuvent encaisser les crachats sans broncher.

J’ai la fragilité des humbles, la larme aussi facile que le rire franc.

La nuit dernière, je fus l’hôte du très hospitalier Hôpital parisien Ambroise Paré où je fus admis en urgence après plusieurs heures de douleurs abdominales atroces.

Après m’avoir administré la morphine et le paracétamol par voie intraveineuse, et au terme d’une série d’investigations (analyses des urines et du sang, IRM, scanner) effectuées en deux temps trois mouvements, le pronostic tomba : « Vous n’avez rien dans le ventre, monsieur ! ».

Malgré ma mauvaise fortune, je ne pus m’empêcher de répondre à la jeune médecin : « Je sais depuis longtemps que je n’ai rien dans le ventre, docteur ! ». Elle ria et me rassura aussitôt : « Ces douleurs atroces n’ont rien de biologique; c’est sûrement psychosomatique »

A 3h45 du matin, dûment drogué par la morphine, la tête dans les vapes et ne ressentant plus aucune douleur, je rentrai chez moi en compagnie de mon épouse et mon fils, enfin rassurés.

« J’aurais dû zapper cette conversation téléphonique avec Untel. Je savais qu’il était bête et méchant, mais pas au point de m’expédier aux urgences avec les propos débiles qu’il m’a assénés ! », dis-je à mon épouse et mon fils avant d’ajouter : »Voilà pourquoi j’ai expressément notifié dans mon testament votre obligation de m’enterrer sous cette terre et nulle part ailleurs. Je veux pas endurer les humiliations post mortem après en avoir tant accumulé durant ma longue et sinueuse existence ! »

Oui, les blessures narcissiques peuvent tuer !