L’Union Européenne est en crise de croissance, pour avoir épuisé tous ses ressorts de croissance qui avaient prévalu depuis la deuxième guerre mondiale et ayant permis les années glorieuses de croissance dans le vieux continent.

Aujourd’hui, les grandes entreprises de l’UE investissent de moins en moins dans la recherche et développement qui se traduisent en progrès technique pour stimuler la  consommation, laquelle demeure un levier de choix de la croissance.

Comparaison n’étant pas raison, il ne sert donc à rien de comparer le taux de croissance d’un pays à fort potentiel, comme le Maroc, compte tenu, précisément- ce peut paraître paradoxal- de son retard économique, à des taux de croissance des pays développés dont les économies ont atteint leurs limites, en termes de facteurs de production et de technologies et leurs productions réelles ayant dépassé le niveau de leurs productions potentielles.

Pour s’en rendre compte, il suffit d’observer les taux de croissance économique enregistrés dans les pays émergents qui sont de l’ordre de 5 à 7%, au moment où dans les pays de l’UE, les taux avoisinent zéro et la croissance se tasse. .

Notre pays a encore beaucoup de marges qui constituent autant de ressorts de croissance pour relancer son économie. Ces ressorts ont pour nom :

– Le renforcement de nos infrastructures- routières, maritimes et ferroviaire…

– La déclinaison d’une véritable politique d’urbanisation, le Maroc comptant encore une population rurale pas moins de 50%….

– La mise en place d’une véritable réforme agraire pour exploiter de terres arables encore en friche, mettre à niveau notre culture vivrière et décloisonner le monde rural…..

Songez un instant si notre pays parvenait à normaliser le secteur de l’informel.

Songez un instant si nos entreprises du secteur formel s’en tenaient à la transparence financière; songez si l’on mettait un terme à l’évasion fiscale.

Sachons faire de notre retard économique une opportunité pour relancer notre croissance, à l’instar de ce qu’a fait Chine depuis les années 80- convertir ses faiblesses en force. Les résultats sont explicites la Chine s’étant hissée en si peu de temps en puissance, qui rivalise avec les USA !

Le monde a changé y compris les politiques économiques, mais nos politiques ne semblent pas s’en être rendu compte encore, se complaisant dans les sentiers battus et les vieilles recettes de développement !

Mostafa MelgouChercheur en économie et Expert du secteur bancaire et financier. Ancien cadre supérieur de plusieurs groupes bancaires dont notamment la BMCI, la Saudi French Bank à Jeddah, Sahara Bank en Libye, et ABNAMRO Bank. Il est co-fondateur de la plateforme ANALYZ.MA