Par Abdelali EL HACHIMI, Consultant en management 

Les événements récents dans le Royaume ont ramené le dossier du secteur informel sur la table. Marqué par plusieurs termes,tels que : économie noire,économie souterraine, il est défini comme l’ensemble d’activités qui échappent au contrôle de l’état du fait de leur dissimulation volontaire ou leur caractère autonome.Ignorées par la comptabilité nationale,elles le sont aussi par la politique économique.

Le secteur informel est dû à divers problèmes purement structurels, à savoir, l’exode rural, la faible croissance, la législation très stricte, la forte pression fiscale, l’image de marque du secteur public et la Corruption.
Pourtant le secteur informel continue à jouer son rôle prépondérant dans notre économie nationale en assurant la survie à travers la création des richesses, leur circulation et la distribution des revenus, assurant une formation sur le terrain, en développant l’esprit d’entreprise et en réduisant les tensions sociales.

Toutefois le secteur informel a des conséquences et impacts négatifs sur notre économie, que l’on peut résumer, au manque à gagner par l’Etat, l’information statistique faussée, le grand désordre au niveau des villes et la concurrence déloyale

Le secteur informel au Maroc est constitué de 1,68 millions d’unités de production informelle  (UPI). Un nombre  qui a progressé de plus de 8.3% depuis 2007. Chaque année, quelques 19000 UPI sont venus grossir le volume de l’informel au Maroc.

Le chiffre d’affaires de l’informel augmente de 6% par an. la moyenne du chiffre d’affaires annuel de ces unités est de 245 000 dirhams. La moitié des unités de production informelles enregistre un chiffre d’affaires annuel de moins de 100 000 dirhams. 16 % ont un chiffre d’affaires de plus de 360 000 dirhams par an. Dans leur ensemble, ces unités ont brassé un chiffre d’affaires de près de 410 milliards de dirhams en 2013.

Les travailleurs informels sont majoritairement de petits commerçants.
Tous secteurs confondus, ces unités sont essentiellement dirigées par des hommes (91 %). En revanche, les femmes dirigent 23 % des unités informelles de l’industrie et, sans grande surprise, 60 % des unités informelles de travail à domicile. Un peu plus de la moitié des unités n’ont pas de local fixe. 80 % ne paient pas la taxe professionnelle.

Le secteur informel emploie 2,4 millions de personnes, d’après les estimations de l’organisme, soit 36 % des personnes qui travaillent au Maroc (hors emploi agricole). Pourtant, il ne distribue que 4 % de la rémunération salariale marocaine totale.

Le secteur informel constitue 12% du PIB ( secteur agricole et les activités illégales exclus), 37,3% de l’emploi non agricole,70% de l’informel dans le commerce,9% dans les services;13% dans l’industrie et 8% dans le BTP.

En effet, un ensemble de réflexions et questionnements tourne autour de cette partie cachée de notre économie : Pourquoi le secteur informel ne décline pas et continue à constituer une grande partie de notre économie? Pourquoi les E/ses informelles s’éternisent dans l’illégalité et ne franchissent pas le seuil de la formalisation ?

Tous les ambitieux programmes gouvernementaux de mise à niveau de notre économie (plan Emergence, Plan Rawaj, Imtiaz, Moussanada,….) risquent de subir le même sort que leurs précédents (Contrat jeunes prometteurs, Moukawalati, Fonds de garantie de l’état pour mise à niveau) QUE FAIRE ?