C’est une conviction au retour à l’essentiel, mais comment doit-il être conduit ?

Si cela semble une question philosophique pour certains, mais en réalité ceci conduit en réalité à un véritable engagement citoyen vers cette renaissance du sens que nous devrions apporter à la question locale. C’est à la portée de tout un chacun. Nous avons besoin de reprendre doucement et de soutenir notre patrimoine local. Autrement dit, rendre hommage à ce qui était considérant il y a peu de temps comme marginal, voir inutile, à lui donner du sens dans ce contexte.  

Pendant la crise, nous consommons du local, que nous avons trouvé bon, juste et propre. Nous avons besoin d’un sens de recul pour comprendre que derrière ces produits locaux, il y a une économie qui fait vivre et qui a besoin d’être relancée, mais comment se fera la relance ? Et puis qu’en est-il de la place de ces acteurs locaux qui se cherchent des voies pour repartir sur des principes fondateurs de cette expérience de crise, qui peuvent se traduire dans les éléments suivants :

  • Un retour à la production locale et responsable, compte tenu de sérieux problèmes d’eau, de sécheresse et de changement du climat ;
  • Un retour à la consommation responsable, équitable et nécessaire.

Ces deux éléments se complètent dans une économie de relance, il s’agit d’interpeller le prix, qui aujourd’hui doit être discuté dans sa dimension socio-spatiale.

Devant ces temps de crise, le prix n’est que la traduction de cet équilibre entre la consommation et la production. Or, cet équilibre est aussi la conquête d’une autre problématique incroyablement remarquable, celle des disparités socio-spatiales. Comment la marge il y a un temps, considéré comme socialement inutile devient économiquement utile. Quelle lecture peut-on apporter à ces questions essentielles ?

Répondre à ces questions, c’est aussi tenter de donner quelques pistes, pour éclaircir cette nouvelle relation à la marge..

La première lecture est qu’il n y a pas de territoires figés, tout peut être utile, il faut simplement user d’une intelligence collective pour s’adapter au contexte avec des outils innovants et créatifs en permettent de réussir cet équilibre.

La deuxième est la nécessité de déconstruire les idées fondées sur la marge et de reconstruire ces territoires sur la base de la résilience en permettant à la technique de répondre aux problèmes socio-économiques.

La troisième est de se reconstruire dans le temps long en permettant à ces ruptures de répondre à cette dialectique entre dépendance et autonomie, local et global, repli ou ouverture, redondance ou efficacité. 

In finie, cette recherche tâtonnée de sens pour la marge doit se manifester dans des documents publics, se traduire dans des politiques d’efficacité dans nos territoires  afin qu’elle ne soit pas un simple discours ballonné par le politique et méprisé par l’économique.  

Par Tariq AKDIMChroniqueur et Economiste des territoires. Il est aussi Directeur de rédaction de la Revue Adrar Voice