Par Tariq AKDIM

Nul ne peut douter que le retour à la vie socialement réelle s’approche à grand pas. Si nous estimons que le virus commence à prendre un certain recul, nous avons besoin pendant ce temps d’incertitude, d’une certaine quête de ce que nous devenons, de prendre du recul sur nous-mêmes. Autrement dit, de quelle manière cette reprise sera faite ? Deux mois après, des questions s’opposent avant de se poser. Quel sens donner aux espaces publics, aux espaces que nous partageons ensemble. Bref, quel sens donner au commun ?

Mais, de cette quête nait de nouvelles conceptions des visions individuelles au temps du virtuel, quelles priorités, quels plans de relance, comment se réapprendre à marcher doucement, sans avoir peur de l’invisible, le sens que nous pourrions donner à la vie au temps du réel, pendant que le temps du virtuel inscrit la question des communs dans une démarche d’appropriation de la connectivité entre plusieurs composantes de la société.

A l’image de ce positionnement, et si le temps du collectif peut avoir sens avec celui du commun, nous avons besoin de comprendre que la distanciation n’est pas le seul à faire valoir, nous avons eu une interprétation erronée de la réalité, du sens du commun. Si le commun nous interpelle dans nos modes de vie, dans le modèle des inégalités que nous vivions, dans les crises de sens que nous traversons.

Nous avons peur d’être encore les mêmes, de revenir à nos habitudes standard, à faire pareil, à reprendre à discuter, à perdre du temps devant nos cafés, à parler pour ne rien dire, à marcher sans boussole, à se gargariser les mots, à ne respecter rien.

Nous avons peur de ne pas changer, des êtres imbéciles, dépourvus de capacité de penser. C’est cela une autre conquête du temps possible. Si cette hypothèse trouve un commun accord parmi les plus instruits, elle parait aux communs une idée morte, qui n’a pas lieu d’être, puisque le virus n’aurait pas changé finalement grand chose. 

Si nous ne nous arrêtons pas un moment, disons un temps pour essayer de comprendre, ensemble notre devenir, nous aurons à vivre le retour de la tragédie des communs.  Nous avons besoin plus que jamais, d’être autre que les autres !