Par Tariq AKDIM

Quel sens donnons-nous à ce nouveau modèle de développement ? Cette question vous interpelle-t-elle ? Si c’est le cas, c’est parce qu’il est temps de poser les bonnes questions pour en avoir les bonnes réponses  auxquelles toutes les forces vives de la société sont sensées en débattre. Pour quelle mission ? Quels objectifs ?

C’est en tout cas une question stratégique pour le pays. Puis-je le rappeler, la déclaration royale doit être prise au sérieux.  Partis politiques, société civile, syndicats, élus locaux et régionaux, secteur privé. Bref, toutes celles et ceux qui se voient acteurs du devenir de ce pays.  A ce titre, le modèle de développement est associé à un nouveau contrat social. Ce qui devrait se faire, c’est justement ouvrir un débat national sur ce modèle pour que n’importe quel citoyen se sente investi du devenir de sa destinée à l’image de ce qui se passe autour de lui, au niveau international.

Plantons d’abord le décor.  Une première réflexion à laquelle nous pouvons songer ensemble : Le « nouveau » modèle suscite l’existence d’un « ancien ». Quelles sont donc les questions majeures du développement du pays ?

Qui dit également modèle appelle à un changement de paradigmes et une construction d’une vision adaptée aux nouvelles réalités du territoire.  Le développement : concept polysémique et multi-facteurs  qui demande une nouvelle manière de le traiter au regard des problématiques d’aujourd’hui.

Prenons par ordre de priorité l’exemple de la qualité de l’éducation, problématique à laquelle nous devrions réfléchir avec beaucoup de recul. Non pas pour dire qu’elle est en crise, mais dans l’urgence de trouver  des alternatives, non pas dans la réforme des réformes, mais de rappeler aux enseignants et aux élèves/étudiants de chercher toujours le bon sens, de construire les idées et de faire preuve d’intelligence et d’esprit critique et d’innovation.

Ce n’est pas une question technique, mais purement celle de pratiques pédagogiques. De ce fait, je ne prétends pas donner de leçons mais de rappeler que le modèle doit d’abord être conçu dans l’esprit et dans la culture de partage.  

Mais au-delà de cette quête à laquelle je risque de ne pas être le meilleur à l’appréhender, mais juste à donner du sens à ce modèle, est justement de permettre aussi aux véritables composantes de l’éducation de s’exprimer librement sur ce modèle, afin de ne pas reproduire les mêmes erreurs du passé et de nous reconduire vers le fiasco. 

Dans un premier temps, n’est –elle pas une question de cohérence ?

Cohérence, dans les orientations pédagogiques auxquelles sont confrontés les étudiants, les élèves et les professeurs. Cohérence dans les programmes destinés de répondre aux exigences de l’enseignement à l’ère du numérique. Cohérence également dans la gestion des priorités en matière de choix des Métiers Mondiaux du Maroc.

Ce travail mérite de très longues réflexions avec les acteurs concernés loin de toute idéologie ou comptes politiques. Puisque le temps de l’éducation n’est pas le temps des mandats politiques, surtout à l’ère de ces bouleversements politiques.    

Et dans un second moment, une question d’équilibre ?

Oui, équilibre est fortement souhaité, mais difficilement atteint. De ce fait, l’objectif est au-delà d’une simple question de choix, c’est une question de décision qui détermine ce que deviendra les jeunes de demain. La problématique de la formation des enseignants doit aussi interpeller le ministère, puisque la responsabilité est partagée.

L’équilibre ici porte le sens de l’efficacité de la démarche dans la gestion de la question de l’éducation. Il aura de sens si le défi de la qualité est aussi joué à tous les niveaux et recherché pas seulement dans les bands de classe, mais également dans l’environnement de l’éducation. Equilibre aussi entre le monde urbain et rural dans l’accès à l’infrastructure nécessaire et à la qualité des enseignants !

In finie, La question de l’éducation doit véritablement passer sous la loupe afin qu’elle ne soit pas simplement étudiée sous l’angle des langues à choisir, ni sous quel système à bâtir, qui doit surtout être marocain, mais ouvert sur les autres.  

Ce faisant, il est surtout temps de cogiter, d’échanger, de débattre et de pousser tous les acteurs à se constituer en groupes de réflexion pour que ce contexte dans lequel nous vivons au Maroc se passera dans le bon sens, dans le vrai débat porteur d’une dynamique et d’une agitation intellectuelle profonde sur ce que nous voulons devenir. 

Tariq AKDIMChroniqueur et Economiste des territoires. Il est aussi Directeur de rédaction de la Revue Adrar Voice