Par Mohamed El Ouariachi TaniPsychiatre et Écrivain

La plupart des médecins parmi nous qui étions investis dans la lutte contre le Covid-19 ici à Marrakech sur le plan effectif en hospitalier ou sur le créneau de la communication avions quitté tous ce segment (information : wibinair etc…). Car la vision des responsables ne correspondait pas à la notre. Car nous nous étions libres et non assujettis au droit de réserve dont nous gavaient les milieux officiels. Lesquels ont finalement craqué et toute l’énergie primaire avec ses rituels contraignants pour devoir (et savoir) tracer tous les cas positifs et aller aux bout des chaines de contaminations et cela dans la transparence la plus absolue…avait volé en éclats. Je mets cela à leur passif…

Mais les informations qui remontent actuellement via les réseaux sociaux et autres supports d’informations électroniques sont pour le moins inquiétants à plus d’un titre.

Je m’explique…

Il parait que l’on n’hospitalise plus systématiquement (en hôpital public) tous les cas diagnostiqués positifs …

Il paraît aussi qu’on décrédibilise les personnes qui se présentent aux urgences en villes et qu’on banalise leurs situations cliniques en leur expliquant qu’il ne s’agit que d’une « gripette » et qu’ils doivent rentrer chez eux sans aucun suivi ou rappel (et sans leur demander leurs adresses et gsm) et que beaucoup de malades s’étaient découverts positifs au Corona quelques jours après… Alors bonjour les dégâts et adieu la valise des contacts qui vivaient sous leurs toits, ou dans le milieu professionnel, ou même dans la rue, qui se verront livrés à un sombre sort.

Éloignés des centres de dépistage, les suspects de la Covid 19 sur la seule base de la clinique et même certains confirmés positifs mais sans gravité; sont priés de rester chez eux à l’isolement; mettre un masque et respecter la distanciation sociale et familiale…(sic). Et l’on sait bien les conditions de précarité et de promiscuité dont pâtit la plupart de nos concitoyens … Allons comprendre …!!

On voit bien d’un autre côté, comment nous, marocains, traitons la question du port du masque et la qualité des masques dont nous nous harnachons et qui cachent à peine notre menton et nos oreilles laissant la « porte » bien béante pour l’introduction du virus en toute solennité….

Il va sans dire que les personnels médicaux et surtout paramédicaux accusent une certaine fatigue eu égard aux grands efforts déployés depuis le mois de mars (on vient d’apprendre qu’ils doivent rentrer tous au bercail et seront interdits de congés jusqu’à nouvel ordre)… Mais les médecins et leurs auxiliaires ne sont que des techniciens et ne sont pas censés faire de la politique sanitaire! Ils ont juste le droit à un burn-out et ses conséquences psychopathologiques (je pèse mes mots)…

Cet état de chose est loin d’être de la fabulation ou autre Fakenews et les observateurs attendent avec beaucoup d’appréhension et d’angoisse ce que apporteront les prochains dix jours pour récolter la tempête suite au vent semé lors de l’aid passé.

الفقيه لي ترجينا براكتو دخل الجامع ببلغتو …

Cette réalité témoigne d’une certaine panique qui sévit dans l’état-major des décideurs et n’augure rien de bon pour la suite des hostilités car la situation est bel et bien un état de guerre contre un ennemi inconnu comme l’avait confirmé un certain président français….dont l’ADN est financière plutôt !

À tel enseigne qu’on se demanderait s’il y’a encore un pilote dans l’avion….sanitaire !!!

Docteur Mohamed EL Ouariachi Tani: Psychiatre et écrivain