En raison de la multiplication récente des nouvelles formes de contestation et d’expression citoyennes, le CESE, présidé par Ahmed Reda Chami, a consacré le focus de son rapport annuel aux nouvelles formes de protestations en mettant en lumière le cas du mouvement de boycott qui a eu lieu durant l’année 2018.

1. L’utilisation des réseaux sociaux au Maroc :

Le mouvement du 20 Février a marqué un tournant dans les formes de protestation sociale au Maroc à partir de 2011 et a suscité l’émergence des nouveaux modes d’action collective. Favorisées par l’anonymat et l’instantanéité, l’absence d’intermédiaires et d’idéologie commune dans la foule, ces nouvelles formes contestataires invitent, sans précédent, ces corps intermédiaires (partis politiques et syndicats) comme les institutionnels à revoir leurs méthodes et leurs instruments de travail pour pouvoir répondre aux aspirations des citoyens.

2. Vers une combinaison entre démocratie représentative et participative :

Promouvoir la participation citoyenne requiert des mécanismes et des procédures souples qui favorisent le plein exercice de la démocratie participative. Or, ces mécanismes prévus par la Constitution de 2011 sont en effet lourds et extrêmement exigeants, d’où la nécessité d’établir un cadre juridique propice à ce droit. La collaboration entre les instances de concertation nationales et territoriales et toutes les parties prenantes en demeure un levier incontournable. De surcroît, la systématisation de ce type de consultation consolidera par extension la démocratie représentative. Cette combinaison s’inscrit dans le développement des modes de gouvernance vers la co-action, la transparence et la reddition de compte. 

3. Analyses et enseignements tirés du cas du boycott de 2018 :

Initié au niveau virtuel mais avec un fort impact réel, le Boycott a pu mobiliser une proportion importante de citoyens et citoyennes. Cela est révélateur de l’existence de déficits accumulés touchant à divers aspects et ayant constitué un terreau fertile pour la persistance de ce mouvement pendant quelques mois. Pour se servir des erreurs commises, le CESE appelle à :

• Renforcer le cadre institutionnel et réglementaire de protection des droits du consommateur et lui garantir les voies de recours ;

• Renforcer le cadre de régulation des marchés pour une concurrence plus saine et pour résorber les abus et pratiques illicites sur les marchés, en particulier ceux fortement concentrés ;

• Améliorer l’accès à l’information sur les marchés et mette en place un observatoire des prix et des marges des produits stratégiques ou de large consommation, comme outils d’aide à la décision ;

• Accorder un poids plus important à l’anticipation et la gestion de crises et à la communication en situation de crises vis-à-vis du citoyen aussi bien au niveau des pouvoir publics que des grandes entreprises ;

• Promouvoir la place de la RSE dans l’entreprise ;

• Mettre en place un code législatif et réglementaire unifié pour gérer les situations pouvant mener à une érosion de la confiance du citoyen.