Lors de l’audience royale accordée aux Américains et aux Israéliens au Palais royal de Rabat, les téléspectateurs ont vu, peut-être pour la première fois, derrière le fauteuil du Souverain, un tableau imposant représentant un arbre d’où émanent des prénoms de souverains marocains (voir photo).

A ce jour, je n’ai pas lu une seule ligne de nos éminents sémiologues, anthropologues ou professionnels de l’iconicité ciblant le contenu symbolique ou signalétique de ce tableau sûrement accroché opportunément et sciemment à la faveur de l’audience royale sus-indiquée. 

Cet objet (le tableau) à la fois iconique et plastique était pourtant riche de signifiants associant tout à la fois le « mythos » et le « logos ».

Il y est souligné qu’il n’est aucunement question pour les visiteurs « normalisateurs » d’assimiler la « réactivation » ou la « formalisation » ou la « vivification » des relations israélo-marocaines à une « normalisation » à la façon bahreïnie ou émiratie, qui sont des primo Etats qui ne peuvent même pas se prévaloir d’un petit siècle au compteur de leur histoire, alors que la seule dynastie alaouite peut s’enorgueillir de ses Mohammed (Ben Youssef qui protégea ses sujets juifs; Ben Abdallah qui reconnut des nations tout juste nées; Ben Hassan qui rénove le territoire et les moeurs de gouvernement…etc.), ses Hassan (1er qui bloquait la poussée colonialiste; 2 qui a créé l’Etat moderne)…et ainsi de suite.
 

Il y est également signifié aux hôtes venus « normaliser » tous azimuts que la Monarchie marocaine a un background civilisationnel riche en alliances tant à travers tout le pourtour méditerranéen qu’au-delà des autres mers et des océans.

Les télévisions du monde entier ont donc été obligées de véhiculer à leur insu cette image subliminale qui s’adresse autant aux Marocains qu’aux opinions étrangères.

En vérité, seules les vieilles nations maîtrisent et enrichissent leurs contenus symbolique et signalétique.

Alors que nous ne comptons pas dans nos universités ou nos instituts voués à la science politique ou à la communication des dizaines de Saussure, Umberto Eco, Barthes ou autre Baudrillard, les souffleurs du Souverain eurent cette fois-ci l’inspiration heureuse en associant le « mythos » et le « logos » pour produire une telle signification tridimentionnelle (texture, couleur, forme) suffisamment efficiente. 

En politique comme en marketing, les signes et les symboles ont depuis belle lurette remplacé les discours diarrhéiques à la Castro ou à la Kadhafi !

Pr Abdessamad Mouhieddine / Analyz.ma