Le RNI n’a jamais fait la politique autrement qu’en étant au gouvernement. Depuis sa création, fin des années 1970, par Ahmed Ousmane, qui était entre autres le beau-frère de Hassan II, ce parti a toujours eu sa part du gâteau en optant pour une formule qui fonctionne très bien dans notre pays : jouer un second rôle !

Aujourd’hui , le nouveau patron du RNI travaille sur une nouvelle formule qui risque de lui faire perdre les avantages de la première. Avec des ambitions de leadership de plus en plus prononcées, le RNI serait amené à jouer un rôle pour lequel il n’a pas été créé.

C’est une question à la fois de vocation et de carapace. Il faut avoir les deux pour pouvoir prétendre à un premier rôle sur la scène publique. Sinon, c’est pas possible !

Pour la vocation, plusieurs paramètres seraient à vérifier. D’abord, le projet sociétal, c’est à dire l’ensemble des valeurs sur la base desquelles le parti doit construire sa vision de la société, des droits humains, de l’économie, de la vie institutionnelle etc. Ce dont le RNI s’est toujours dispensé.

La conception d’un tel projet ne saurait être une mission que l’on pourrait confier à un bureau d’études ou à un comité de cadres. Elle doit émaner d’un véritable débat au sein du parti et nécessairement d’une interaction avec la société. C’est à partir de là que l’on peut commencer à parler de la légitimité. Et, cette dernière échappe complètement à la technicité.

Ensuite, il faut une certaine représentativité sociale. D’après les notions de base des sciences politiques, il y’a les partis de masses et les partis de cadres. Pas de catégorie intermédiaire. Donc, un parti politique n’a pas beaucoup de raisons d’exister dès lors qu’il ne représente ni les uns ni les autres.

Le RNI n’est pas un parti de cadres. Il ne l’a jamais été. C’est le parti des technocrates et des hommes d’affaires qui y adhèrent le jour même où ils sont nommés dans des postes ministériels. A ma modeste connaissance, Mohamed Oujar, actuel Ministre de la Justice, serait l’unique exception à la règle.

Quant à la carapace, il est difficile d’en avoir lorsqu’on a jamais vécu l’épreuve de la rue, de la crise et des turbulences politiques et sociales. C’est ce qui permet à un parti politique d’y résister et de développer une approche d’encadrement. 

Comment peut-on vouloir confier les commandes d’un pays à des gens qui n’ont pas l’habitude de gèrer la pression populaire, les mouvements contestataires, les rapports de force ?

La seule chose que l’on doit, à mon sens, reconnaître à Aziz Akhennouch, c’est qu’en faisant face à un boycott économique sans précédent, il a fait preuve d’une incroyable résistance. Il s’est tenu droit dans ses bottes. Et il est revenu comme si de rien n’était.

Mais cela ne fait pas de lui un leader…