Par Abdessamad Mouhéieddine, Anthropologue et Ecrivain

Il m’arrive d’entendre ou de lire ici et là des insanités pour le moins honteuses à propos de nos compatriotes vivant à l’étranger que certains débiles débitent sans vergogne aucune. En cela, ils ravivent les plus bas instincts racistes jusque-là étrangers à nos compatriotes vivant au pays.

A ces idiots, il y a lieu de rappeler les quelques données tangibles que voici :
Plus de 12 millions de Marocains vivent exclusivement de la manne transférée par les membres de leurs familles vivant à l’étranger ! Sans cette manne qui passe par les sociétés de transfert de fonds (Western Union, Monegram…etc.), les banques ou le donnant-donnant par voyageurs interposés, ces 12 millions de nos concitoyens n’auraient pas trouvé de quoi vivre !

Par ailleurs, la majorité des racistes anti-« zmagri » du Bled -ce qui est en soi une honte (7chouma) indigne de la fameuse hospitalité de « Dar al kheir agma » – ignorent probablement que le processus d’intégration de la majorité des 7 à 8 millions de Marocains expatriés – ce chiffre lèche le taux de 20% ! – ont acquis la nationalité des principaux pays d’accueil (France, Italie, Allemagne, Hollande, Belgique, USA, Espagne…etc.) et que, de ce fait, ils s’éloignent doucement et sûrement de la patrie d’origine. Cela est dans la logique la plus mécanique de l’histoire des migrations humaines. Et cela en lui-même incite a fortiori à se féliciter de la constance de l’attachement de la Diaspora marocaine à ses origines.

Au lieu de les remercier et leur en savoir gré, les idiots racistes locaux continuent à véhiculer toutes sortes d’âneries à leur encontre, et souventement des insultes qui relèvent à n’en point douter de ce que la psychanalyse lacanienne appelle la « pulsion anale ».

Et pourtant…

Alors que la Covid-19 les a touchés de plein fouet, les Marocains du monde (MDM) n’ont guère freiné leur généreuse frénésie solidaire, se privant et privant leurs enfants d’une foultitude de nécessités pour venir en aide aux membres parfois lointains de leurs familles vivant au Bled.

Nul besoin de rapporter ici les chiffres (publiquement disponibles) de ces transferts financiers colossaux qui commencent d’ailleurs à révolter nombre de fauteurs de troubles au sein des pays d’accueil.

Comme on le voit et comme le constatent les instances trésorières marocaines, les transferts des MDM ont résisté, bien plus que les deux autres sources de devises que sont le tourisme et les investissements directs étrangers (IDE), au séisme économique mondial, contribuant ainsi à la fois au raffermissement des réserves en devises du Royaume et à la consolidation des amortisseurs sociaux divers et variés.

Si aucun Marocain n’est plus…marocain qu’un autre, les Marocains du monde (MDM) constituent probablement la face la plus rayonnante de ce Maroc moderne qui peut s’enorgueillir à juste titre de ses talents dispersés aux quatre coins du Globe comme de la solidarité de sa diaspora !