Kouloud Kebali

Khouloud KEBALI

Sans se poser de questions, sans émettre d’avis, de critiques ou de reproches ?

Faut-il accepter le tout de ce pays ?

Admirer le tableau tel qu’il est, même ces zones de pénombres, ces défauts et surtout ces personnages tout droit sortis de l’enfer ?

Faut-il se contenter d’aimer son pays ?

L’aimer, sans avoir ne serait-ce qu’un droit de regard sur ses choix.

Admettre l’inadmissible ?

Est-ce cela l’amour, tendre patrie ?

L’inconditionnel, ne suppose-t-il pas, aussi, ce soupir douloureux, cette parole un peu blessante, mais qui ne veulent que le bien de l’autre ?

Doit-on, par amour, laisser couler le navire, pour les beaux yeux du capitaine ?

Par peur du capitaine ?

Est-ce cela l’amour, tendre patrie ?

Je te rêve plus grande que l’univers, plus belle que des millions d’étoiles, dans mon ciel réunies.

Je te rêve ainsi, depuis que je sais me rappeler de mes rêves.

Je continuerai de te rêver.

Mais.

Faut-il que je me contente de ce rêve ?

Ou faut-il que j’apprenne à te mentir ?

Pour mon propre bien ?

Faut-il que j’apprenne à cacher ma peine pour toi, 

Pour ton propre bien ?

Tant de choses qu’ils ne m’ont jamais appris, ceux qui ont voulu m’offrir la lune et qui ont fini par la rejoindre, dans la grandeur des cieux.

Tant de choses qui servent de somnifères pour ma génération.

Tant de sédatifs, culturels, religieux et sociaux.

Tant de « ce n’est pas mon problème »

De « Après moi le déluge »…

Tant de choses que je ne voudrais, pour rien au monde, apprendre.

Faut-il me contenter de mon amour pour toi, sans jamais attendre ton amour ?

Ou faut-il que je me fasse à l’évidence.

Tu ne m’aimeras jamais.

Je ne suis qu’une de tes filles, batardes, souillées dès la naissance.

Mon corps n’est qu’une de tes propriétés publiques.

Tu en fais ce que tu veux.

Quand tu veux.

Tu décides de tout, sans pour autant daigner m’aimer.

Tu es ma mère bourreau.

Ma mère sans Coeur.

Mon père possessif,

Obsédé par ma chair.

Faut-il me contenter de t’aimer ?

Sans oser te raconter ma vie ?

Sans te décrire mes jours ?

Sans t’appeler au secours, quand mes jours dans tes bras ne sont plus vivables ?

…..

Faut-il que je change mon moi, pour te suffire ?

Khouloud KEBALI, Journaliste, consultante en communication et médias