Par son essence même, comme outlet, le Facebook se prête très peu aux textes longs, détaillés, portant analyses, argumentaires et références. Or c’est le propre des écrits à caractère académique (donc pur produit des intellectuels) que de porter ces marques.  Un vrai dilemme pour ces derniers !

Il se trouve que le Facebook se prête plutôt à ce type d’écrits que je qualifierais -faute de terme plus adéquat- d’impressionniste, prenant le feeling, la sensation ou l’intuition primaire dans le meilleur des cas comme substitut à l’analyse et à l’argument. 

Peut-on débattre d’une question sociétale complexe dans deux trois paragraphes ?

Cela ressemble à ce qu’avait dit un jour le grand écrivain palestinien Edward Said quand il a évoqué comment, invité des grandes chaînes de télévisions américaines, pendant la guerre du golf début 1990, on lui demandait de parler de l’histoire des conflits du proche Orient en 3 minutes !!!!

Revenons au facebook et au dilemme des intellectuels .

Argumenter et courir le risque d’être lu juste par une douzaine /quinzaine de lecteurs .
Ou 
Etre impressionniste dans l’écriture (donc forcément trivial- pour garantir rang prestige et renommée chez le grand public. 

Et ceci pose aujourd’hui un problème de dimension philosophique, pour ne pas dire existentielle pour les intellectuels qui ont recours au facebook comme outlet d’expression: je poserais ce problème sous forme de question:

Faut-t-il que la démocratisation de l’écriture -facilitée , à n’en pas douter, par le Facebook- passe par la trivialisation/superficialisation des contenus ?

Grand débat…

Abderrahmane LamraniPolitologue, Universitaire et ancien Député et Dirigeant de l’USFP. Il est membre du CNDH