Reconnu en 1948, Israël a bel et bien été créé par Hertzel à la fin du 19ème siecle, dans le cadre d’un projet nationaliste qui s’inspirait du nationalisme ambiant en Europe (même si les juifs d’Europe en souffraient) et du colonialisme. 

Les mêmes arguments mensongers qui ont servi à la justification de la conquête et l’annexion de l’Algérie par la France (terra nullius) servent à l’organisation juive mondiale pour organiser un exodus massif vers la Palestine. Avec cependant une falsification innovante de taille : transformer un livre sacré (la torah) en registre de conservation foncière. Il fallait l’oser et les sionistes l’ont fait.

En 1919, le projet colonial avance, notamment avec l’aide d’antisémites convaincus mais qui verraient d’un bon œil que tous les juifs d’Europe partent s’installer en Israël. Sir Balfour en faisait partie selon plusieurs témoignages de ses contemporains. 

Pourtant, aucun lien généalogique n’a jamais été établi entre Salomon et les ashkénazes. Aussi, tout porte à croire que ce sont les palestiniens et les séfarades qui sont les héritiers de Salomon (qui s’il a existé, devait être un beau brin frisé d’orient).

On est donc devant un fait colonial historique tel que vécu en Asie, en Afrique et en Amérique latine  … Que du classique, que du déjà vu : la France au Maghreb, l’Angleterre aux Indes, le Portugal et l’Espagne en Amérique … Et ce, même si les contraintes démographiques ont poussé Israël à « recruter » des centaines de milliers de séfarades entre 1950 et 1990. Ainsi, la réalité est que la nature coloniale de la greffe d’Israël dans la région n’a jamais pâli.

Face à ce fait colonialiste, les palestiniens savaient bien comment s’y prendre … en alternant lutte armée, soulèvements et négociations. Ils faisaient ainsi ce qu’avaient fait tous les mouvements de libération au monde, depuis Georges Washington jusqu’à Nelson Mandela, en passant par Ghandi, Bourguiba et Sékou Touré … rien de neuf, on savait faire. 

Mais la plus grande ruse israélienne a été la création du Hamas dans les années 80. En permettant au dogmatisme wahhabite qui rêve du califat, de remplacer le nationalisme palestinien de l’OLP qui veut créer un Etat , ils ont réussi à diviser le peuple palestinien et à créer la suspicion.
En même temps, l’OLP est en mal de leadership depuis le décès  (probablement, le meurtre) de Yasser Arafat. Mahmoud Abbas a plus l’air d’un chef de service bureaucratique que d’un dirigeant d’un mouvement de libération. 

Certains voudraient nous faire croire que l’arrivée de Trump crée une nouvelle donne. Rien n’est moins vrai. Le transfert de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem est un non événement. La loi autorisant ce transfert a été votée depuis 1995 au sénat américain. Chaque semestre, les présidents successifs ont reporté son exécution.

Au moins, avec Monsieur Trump, bas les masques, les choses s’éclaircissent. Sa reconnaissance de l’annexion du Golan est un non sens juridique. Et cela n’engage en rien la communauté internationale. Trump compte sur un régiment de sultans et de princes en papier dans le Golfe pour forcer une paix americaine qui n’a aucune chance d’aboutir. 

Nous assistons au début de la fin du règne américain. Nous devrions accélérer cette tendance, au moins, par l’indifférence vis à vis de leurs décisions. Trump, sa bêtise, ses mimes qui rappellent Mussolini, son déficit mental, sont des manifestations du déclin moral et (donc) politique de l’Amérique. 

Quant à l’Europe qui est à quelques centaines de Km de cette région, les derniers événements montrent à nouveau son impuissance. Les arabes, n’en parlons même pas  … C’est la résistance palestinienne qui a besoin de se trouver un nouveau leadership, en mesure de donner un nouveau souffle au projet national palestinien.

Aucun doute que tout fait colonialiste finit par périr. Les israéliens en premier, le savent  … et devront certainement en assumer de graves et douloureuses conséquences dans leur propre chaire. Cela s’appelle : le Karma. Ce n’est peut être pas un argument politique, mais l’histoire nous pousse à y croire. Les palestiniens doivent juste comprendre que rien ne fait plus peur aux israéliens que l’idée de faire la paix. Ils seront toujours prêts à assumer toutes les guerres car c’est leur ciment national. 

Pour se reconstruire, la résistance palestinienne doit se déconnecter du « monde arabe » et ne plus rien attendre des américains ni des russes. Seule la mobilisation populaire des palestiniens est en mesure de libérer la Palestine.

Hassan Chraibi, Universitaire et militant humaniste. Il est Co-fondateur de la plateforme AnalyZ