Par Tariq AKDIM, socio-économiste, président du LOGOS

Dans cette livraison de Janvier, je vous propose de voyager dans ce qui nous semble le plus abstrait mais en réalité, qui nous touche concrètement, surtout si nous voulions l’exposer au virtuel. Qui sommes-nous ? Comment nous gérons l’autre dans sa conception et sa perception des choses ? En quoi cette gestion nous incombe et nous fait des autres êtres, complètement indifférents ? Pourquoi avons-nous besoin de l’Autre ? Et pourquoi Sartre accuse l’Autre et le nomme comme l’enfer ?

Est-il possible de naviguer autour de ces mots qui semblent pour certains hautement philosophiques ?

Et c’est bien parce que nous consommons suffisamment des idées mortes, ou des idées qui n’ont pas eu à être dans les débats publics. En tout cas, cette chronique n’a pas pour objectif de répondre à ces questions, mais simplement à poser les questions.

Des questions qui sont à l’ordre du compromis, ou qui conjuguent besoin et désir de comprendre l’autre dans notre quotidien personnel et professionnel.

L’Autre, c’est d’abord soi. L’Autre doit se composer dans sa société en respectant son environnement. Aujourd’hui, plus que jamais, nous vivons une crise de l’altruisme et il faut donc remédier en tentant non pas de réformer, ni seulement de comprendre l’autre, mais en s’inscrivant dans cette thérapie de dépasser la seule contrainte que l’autre pourrait en être l’obstacle.

De cette configuration simple nait une complexité de genre nouveau. Autrement dit, la multiplicité des contextes et des cultures, des temps et des lieux, mais aussi du fait  du renouveau du phénomène de l’altruisme qui peut se définir comme la tentative de se consacrer aux autres d’une façon désintéressé. L’altruiste est alors un être dévoué et charitable, qui n’attends jamais rien en retour de sa bonté.

Voici donc une définition claire qui explique que le retour de l’altruisme dans nos sociétés pourrait, sans doute aucun, permettre une certaine confiance entre les hommes et leurs institutions, puisque à l’aube d’une postmodernité typiquement porteuses de nouveaux risques et crises, et d’une autre innovation virtuelle. Le contact humain est devenu rare et la consolidation des liens nous invite à repenser nos espaces publics.

Or, nos espaces manquent de plus en plus dans leurs architectures des possibilités de création et de construction des liens et des valeurs de vivre-ensemble.

Cette valeur qui nous manque dans nos espaces pourrait être à l’origine du désenchantement du monde. Mais toujours est-il possible de croire à un autre monde sans que l’Autre ne soit dévoué pour sa patrie.

A seulement Louis Pasteur qui a consacré sa vie aux soins et au bien-être des gens et a mis au point la pasteurisation et le vaccin contre la rage et à d’autres qui ont consacré leurs vies pour en sauver d’autres, pour que au final on se retrouve avec des homo-economicus manquant de simples valeurs comme celle du respect.

Ah bon entendeur, salut !