Par définition, le budget est une simple matrice qui enregistre les recettes- au crédit- et les dépenses- au débit- avec tirage d’un solde qui peut être soit excédentaire, soit déficitaire. Les chiffres d’un budget ne présentent aucun intérêt par et pour eux-mêmes, s’ils ne sont intégrés et interprétés dans le cadre d’une politique budgétaire.

Mais, qu’est-ce qu’une politique budgétaire ?

C’est une politique économique qui agit sur le budget de l’Etat et de ses variations pour la réalisation de certains
objectifs. Un budget sans objectif s’apparente à une simple caisse destinée à procurer des ressources à l’Etat afin d’assurer le fonctionnement de ses administrations.

Toute politique budgétaire doit s’astreindre à  la stabilisation de l’activité en agissant sur les cycles, à l’appui d’une allocation équilibrée des ressources intergénérationnelles et intra générationnelles, dont l’objectif ultime demeure la promotion de la croissance et l’accumulation de la richesse nationale. Et, à défaut d’augmenter ses recettes, l’Etat a besoin d’un grand effort d’optimisation de ses dépenses, pour réduire ses déficits.  

De plus, une politique budgétaire ne saurait être efficace, si elle ne stimule pas la demande interne tout en maîtrisant les importations. A noter dans ce registre que les deux ressorts de la politique budgétaire demeurent la politique monétaire et son corollaire la politique du crédit et l’élasticité du
taux d’intérêt.

Il va sans dire, que la mise en œuvre de toute politique budgétaire requiert outre une grande technicité, un grand sens de l’intérêt général et le souci des deniers publics.

L’Etat Marocain est dispendieux, pour ne pas dire, qu’il coûte cher aux citoyens. Il a besoin d’une grande cure dans ses dépenses de fonctionnement avec une soutenabilité des dépenses d’investissements publics, qu’il faut soustraire du plan de rigueur, sans que, pour autant, le montant du déficit ne soit supérieur à celui de l’investissement.

Ce me semble quelques pistes de réflexion, parfaitement en phase avec notre quête d’un modèle de développement alternatif, dans la perspective d’optimiser la gestion du budget général de l’Etat, dans l’attente d’une refonte de fond en comble de notre politique budgétaire, une politique intégrant une approche patrimoniale des finances publiques, une politique basée sur l’évaluation juste des actifs publics nets de dettes.

Si nous savons, aujourd’hui, le niveau de la dette que nous relayons aux générations futures, nous ignorons complètement le niveau des actifs nets que nous allons leur léguer ?

Il s’agit de revoir toute la comptabilité nationale, pour migrer de l’approche de la comptabilité-caisse  à la comptabilité analytique.

Voici un véritable sujet de débat public auquel nos économistes devraient s’atteler?

A bon entendeur……

  Mostafa MelgouChercheur en économie et Expert du secteur bancaire et financier. Ancien cadre supérieur de plusieurs groupes bancaires dont notamment la BMCI, la Saudi French Bank à Jeddah, Sahara Bank en Libye, et ABNAMRO Bank. Il est co-fondateur de la plateforme ANALYZ.MA