Notre pays adopte la même ligne de conduite politique, depuis le milieu des années soixante. Ce qui change au gré des contingences, ce sont l’apparat et les enjoliveurs.Or, dans les années 60, le Maroc ne comptait que 10 Millions d’habitants, avec en sus l’euphorie de l’indépendance et l’espoir des lendemains qu chantent.

C’était aussi, la mise en chantier des premiers jalons d’une économie autocentrée et l’esquisse d’une industrie industrialisante, avec la création de Samir, Somaca, ODI, BNDE, BRPM, ORMVA, BPR…Etc.
Dans les années 60, c’était la promotion de la culture vivrière pour fixer le paysan dans sa terre et période durant laquelle le Maroc EXPORTAIT DU BLÉ.

Last but not least, dans les années 60, l’élite politique avait de l’envergure et faisait le contrepoids face à une Monarchie dans ses premiers vols et se cherchant encore !
Au milieu des années 80, changement de cap, par l’arrimage sans discernement à la métropole et confinement de notre pays dans le rôle de métayer-sous-traitant de la France.

Et aujourd’hui.

Le Maroc compte 40 Millions d’âmes, mais, notre économie est une économie extravertie, orientée services et sous-traitance de faible valeur ajoutée!

Notre agriculture reste dépendante de la demande étrangère- Cultivons tomates et agrumes pour l’export et importons du blé, biens de première nécessité pour les Marocains!

Aujourd’hui, le Maroc se retrouve démuni de tous ses actifs et outils de production, suite à une politique de privatisation  à l’emporte-pièce, dont le produit a été noyé dans l’apurement de déficits budgétaires à cause des dépenses de fonctionnement d’un appareil d’Etat tentaculaire et de ses appendices et autres doublons !

Est révolue l’épopée des bâtisseurs et à leurs têtes Abderrahim Bouabid, le leader d’envergure et le fin stratège. Mais, nous n’avons eu comme relève qu’une élite politique, se rapprochant de plus en plus de ses intérêts, jusqu’à la servilité voire la mendicité!

Pire encore, nous n’avons plus droit qu’à une élite  intellectuelle cloisonnée dans l’entre-soi, affichant un mépris éhonté, à l’endroit d’un peuple devenu  »Ayyach », malgré lui, à force de précarité et d’émoussement de la fierté humaine!!

En une phrase, l’étau se resserre autour du cou Maroc, étau qui ne peut être desserré que par un sursaut national de réformes et de développement que conduira une élite politique patriote!!

Mostafa MelgouChercheur en économie et Expert du secteur bancaire et financier. Ancien cadre supérieur de plusieurs groupes bancaires dont notamment la BMCI, la Saudi French Bank à Jeddah, Sahara Bank en Libye, et ABNAMRO Bank. Il est co-fondateur de la plateforme ANALYZ.MA