Aujourd’hui, c’est la première chronique de l’année, et le hasard, qui est un grand plaisantin, a voulu qu’il coïncide avec le premier jour de cette nouvelle année sur laquelle se fondent tous les espoirs du monde. 

Alors, bien entendu, je ne peux pas ne pas parler de ce rendez-vous hebdomadaire du vendredi qui va bientôt boucler son deuxième anniversaire. Et à propos de vendredi, un ami m’a récemment suggéré de le changer pour le samedi, parce que ça serait dans mon intérêt de le faire. Et sans qu’il ne m’explique pourquoi, il s’est lancé dans un long fou-rire à n’en plus finir. Entre nous, je n’ai pas tellement envie de savoir, car trop savoir ou en savoir trop, ça me donne à chaque fois une migraine. 
Par ailleurs, je ne devrais pas non plus parler de l’année qu’on vient d’enterrer avec l’espoir qu’elle ne puisse jamais ressusciter, même dans nos rêves, ou plutôt dans nos cauchemars.

Pour ma part, c’est une année que j’ai vraiment envie d’oublier et l’effacer complètement de ma mémoire.

Je sais que c’est probablement le cas pour la majorité d’entre vous pour mille et une raisons sur lesquelles je ne voudrais pas revenir, tellement on a rabâché les griefs contre elle. Sauf que pour moi, elle a été particulièrement méchante et malfaisante parce que j’ai perdu des êtres très chers, presque à la queue leu leu, comme si le mauvais sort avait décidé de prendre comme complice l’affreux virus, juste pour le plaisir de me pourrir la vie. 

C’était d’autant plus dur que je n’avais même le droit de prendre mes proches et mes ami(e)s dans mes bras, ne serait-ce que pour sentir que je ne suis pas tout seul et qu’ils sont et qu’elles sont, tous et toutes avec moi. C’était horrible.

Allez, vilaine 2020, ouste ! Je ne veux plus te revoir ni entendre parler de toi.

Bienvenue à toi, l’attendue et la tant espérée, 2021.

Tout le monde – je devrais dire le monde entier – n’attend que toi et surtout attend tout de toi. Alors, s’il te plait, , je t’en supplie, ne nous déçois pas.

Oui, je sais qu’on exagère parfois en t’attribuant, à l’avance, tant de vertus et tant de capacités, alors qu’après tout, tu n’es qu’une année comme toutes les autres, y comprise, la méchante et vilaine qui vient de te précéder. Pourtant, je le répète tout le monde croit que c’est toi qui va nous délivrer, nous libérer et nous faire revenir au bon vieux temps, lequel, si on réfléchit juste un petit peu, n’a pas été heureux et joyeux tout le temps.

C’est la raison pour laquelle personnellement, je compte beaucoup plus sur nos propres capacités, justement, à ressusciter, à nous en sortir, que sur le calendrier, et encore moins sur les gens qui nous dirigent et qui nous ont toujours promis monts et merveilles, et pour cette nouvelle année encore plus, alors que je suis sûr qu’au fond, ils auraient bien aimé qu’elle ne finisse jamais. La preuve, regardez comment ils tardent à nous apporter ce fameux vaccin dont ils se vantent depuis si longtemps, comme si c’étaient eux, ses inventeurs, alors qu’ils ne sont même pas fichus de l’importer à temps.

Pourquoi ? Je n’en sais rien, moi. Ou plutôt, si : parce que ça les arrange bien. Et je ne vais pas vous faire un dessin. Parce que ça aussi, c’est un de mes problèmes de “trop savoir”, ou du moins de le croire. 


Alors, pour ne pas commencer l’année avec une migraine, je vais m’arrêter là, tout en espérant, qu’au-delà de tous nos défauts et toute l’inconsistance de nos dirigeants, que la nouvelle année soit juste un peu meilleure, c’est-à-dire moins anxiogène que la vieille et laide qui l’a précédée. Amen.


En attendant, je vous souhaite un bon week-end, et vous dit à la semaine prochaine, pour un autre vendredi – et non pas samedi – où tout – ou presque – sera dit.

Mohamed LaroussiExpert et Enseignant de la Communication stratégique. Il est aussi écrivain et auteurs de plusieurs livres dont « Marx est mort, mon amour« . Co-fondateur de la plateforme Analyz.ma