Par Abdessamad Mouhieddine, Anthropologue et écrivain.

Je l’ai déjà dit, écrit et répété : les comportements, les attitudes, les réflexes, les postures, les habitudes et les moeurs seront bouleversés par le Covid-19.
Les bonnes questions sont : 

1) Etant donné les restrictions drastiques opposées à la promiscuité comme à la mixité, quid des rapports sexuels et leurs adjuvants que sont la tendresse, les câlins, les bisous et enfin les ébats sur un « baisodrome » ? 

Des études sociologiques ne devraient guère tarder, même au lendemain de la pandémie – pour nous édifier, sondages à l’appui, sur la métamorphose intervenue à cet égard. Certes, le désir finira par triompher, mais des séquelles demeureront.

2) Quid du devenir de la prostitution en milieu urbain partout dans le monde ? Les mafias du proxénétisme transfrontalier en Europe et en Asie qui font des milliards dans le commerce de la chair humaine en pâtiront, mais démissionneront-elles ?

3) Quid des mafias de migration clandestine à travers les mers, les océans et les déserts ? 

4) Quid des visites d’Etat, de travail ou de courtoisie entre chefs d’Etats et ministres ? Même au lendemain de la pandémie, les vidéoconférences seront-elles la règle au détriment des rencontres physiques qui ne deviendraient que l’exception ? Quid des secrets partagés entre chefs d’Etat, sachant que, même sécurisées, les vidéoconférences peuvent être hakées par la cybercriminalité ? 

5) Quid de la cadence des gestes hygiéniques dans un monde qui va tout droit vers un déficit hydrique inéluctable et, dans certaines parties du monde, éminemment mortel ? 

D’autres bonnes questions ethnoculturelles, éminemment anthropologiques peuvent se poser.

Les mauvaises questions sont : 

1) Cette pandémie serait-elle une colère divine contre les mécréants ? 
2) Serait-ce un plan machiavélique occidental ou chinois ? 
3) Doit-on UNIQUEMENT s’en remettre au mektoub ainsi décrété par Allah ? 

Comme pour les bonnes questions, des dizaines d’autres peuvent être posées.

Pendant notre confinement, tentons de décanter tout cela !