Il m’a été donné de suivre quelques séances d’audition, devant la commission des Finances du Sénat Français, du Président de la Cour Des Comptes  sur la certification des comptes de l’Etat. Le brio, la pédagogie et le sens de responsabilité des intervenants me poussent à faire cette analogie, quant au suivi et sort réservé aux rapports de la Cour Des Comptes de notre pays.

Je sais que la primeur de la présentation des rapports est donnée à Sa Majesté le Roi. Mais quid de l’implication du parlement et de  ses instances dédiées aux finances publiques, dans la discussion et l’appréciation des rapports de notre CdC?

Je ne peux m’empêcher à travers mes lectures de louer ici la qualité grandissante des travaux de nos magistrats financiers de la Cour- travaux d’investigations ayant permis certes d’épingler l’ex DG de l’ONDA (Office National Des Aéroports) et l’ ancien Président du CIH.

Néanmoins, beaucoup de chemin reste à faire sur la voie de la transparence de nos finances publiques et de la gouvernance des organes de l’Etat. Mais, ce ne peut se faire sans la contribution agissante des représentants de la Nation, sous forme de préconisations, pour élargir le périmètre d’intervention de notre Cour Des Comptes, car il demeure pendantes moult interrogations sur l’approche budgétaire, adoptée par la Cour, au détriment de l’approche patrimoniale qui nous aurait permis d’apprécier, à sa juste valeur l’évolution des actifs publics et à quoi auraient servi les produits des privatisations.

De même, il serait judicieux de faire la lumière sur ce foisonnement des Comptes Spéciaux du budget qui sont de véritables    « caisses noires » autant que les budgets de tous ces «fonds» qui sont alimentés à partir du budget général de l’Etat mais qui échappent au contrôle de la représentation nationale voire à celui du gouvernement.

Force est de constater que tous ces fonds ‘’ Mohamed V, Hassan II’’ et j’en passe,  sont gérés par des personnes qui ne sont comptables ni devant la représentation nationale ni devant le gouvernement- Cas de la défunte Zoulikha Nasri, conseillère du Roi es-qualité, qui pilotait le fonds Mohamed V !  

Moralité :

Les Marocains n’ont droit qu’à des cirques politiques, en lieu et place de séances parlementaires instructives, autant que constructives sur la transparence financière de leurs finances publiques, car la transparence est une composante centrale de l’Etat de droit que nous appelons tous de nos vœux !

Mostafa MelgouChercheur en économie et Expert du secteur bancaire et financier. Ancien cadre supérieur de plusieurs groupes bancaires dont notamment la BMCI, la Saudi French Bank à Jeddah, Sahara Bank en Libye, et ABNAMRO Bank. Il est co-fondateur de la plateforme ANALYZ.MA