Par  Mohammed El Khourouj

Le Coronavirus décide enfin de répondre à sa manière à  l’arrogance de l’homme qui tel Protagoras s’est mis à penser qu’il est la mesure de toutes choses. A force de détruire la Nature, de la déconsidérer et de se prendre au dessus des lois qui la régissent, l’homme a perdu tout  sens de la mesure.

Au lieu de prendre conscience qu’il n’en est qu’un élément parmi d’autres qui la composent, sa bêtise, son ignorance et surtout son arrogance l’ont  conduit à oublier in fine qu’il était co-nature avec elle.

Aveuglé par l’idée d’un progrès toujours linéaire, par l’appât du gain et par un consumérisme à outrance, l’homme en tirant trop sur une corde qui était devenue déjà trop raide, a fini par la briser. A force de provoquer la Nature en la surexploitant, en la polluant, celle-ci a fini par réagir en faisant appel à l’essence qui la caractérise  à savoir ce que les anciens  appelaient le Physis. 

L’homme d’aujourd’hui, aveuglé par son ignorance, a complètement oublié la sagesse d’Empédocle, ce philosophe qui faisait du couple Amour- Haine le moteur du Cosmos. Pour ce philosophe, c’est grâce à  l’Amour que l’équilibre se rétabli entre les quatre éléments, un équilibre qui confère au Cosmos son ordre et son harmonie. Et c’est aussi à cause de la Haine que la Nature se trouve déséquilibrée, un déséquilibre qui se traduit par la séparation entre eux des quatre éléments faisant ainsi que le semblable rejoint le semblable.

Ainsi, nous ne pouvons aujourd’hui  que constater la réaction d’une Nature qui se prend en main pour se défendre contre  un prédateur qu’est devenu cet  homme qui a oublié qu’il était aussi porteur de ce Physis.

Il est donc arrivé le moment où l’homme doit rendre compte de ses agissements et de ses dérives face à une Nature qui a fini par en avoir marre. Oui, la Nature ne supporte plus les idées farfelues de l’homme qui ne cesse de répéter des aberrations du style :- « Travailler plus pour gagner plus »- « Tavailler plus car l’homme vit plus » Aujourd’hui la Nature a décidé de mettre fin à de tels agissements en remettant en question les dérives d’un homme qui fait l’apologie d’un libéralisme aveugle. Ainsi, la Nature nous montre aujourd’hui qu’en travaillant plus,  l’homme va finir par gagner et vivre  beaucoup  moins. 

L’homme, en voulant imposer son dictat et en affichant son arrogance face à une Nature qu’il a sous estimé, celle-ci a fini enfin par  réagir en décidant de reprendre son règne, sa force et sa vigueur pour s’opposer à ses desseins et pour le rappeler à ses faiblesses, à sa mesquinerie et à  sa suffisance. 

Ainsi la Nature, en faisant appel au Coronavirus, a voulu répondre par l’action de l’infiniment petit à cet homme qui a pensé qu’il est devenu ce Titan qui aspire à endosser les habits de l’infiniment grand. Cette réaction n’est qu’un début car l’avenir semble sombrer à nouveau dans l’inconnu.

Malgré les savoirs que l’homme a cumulé au fil du temps, un simple virus de taille microscopique est arrivé pour chambouler ses desseins et lui rappeler l’infinitude de son ignorance et de son inconscience.