Les Marocains ne sont pas à une ambivalence près. On le constate une nouvelle fois sur la question des libertés individuelles qui fait débat aujourd’hui dans la société marocaine, un débat initié en grande partie par l’affaire Hajar Raïssouni et le collectif des « Hors la loi », entre modernité, progrès et émancipation d’une part et traditions archaïques teintées d’une lecture rigoriste de la charia, le cœur des marocains balance.

Le problème de l’absence de libertés individuelles au Maroc est au cœur du manque de prise de conscience de la valeur de l’individu en tant qu’être humain et citoyen, et du manque de cette prise de conscience en tant que réalité sociale effective, même parmi l’élite éduquée. 

Les libertés collectives, telles que la liberté des minorités ethniques, linguistiques et religieuses, restent les otages de l’efficacité du principe de la liberté individuelle. Pour que cette liberté collective soit la base de la construction d’une société moderne, progressiste et démocratique, elle doit être le prolongement de la liberté individuelle de tout un chacun.

Cependant, avoir conscience de cette équation pourtant simple, ne nous exonère pas de nous poser la vraie question, un pays dont la religion officielle est l’islam, peut-il aller au-delà de l’application de la charia ?

Au Maroc comme dans d’autres pays arabes les libertés individuelles sont souvent prises en otage par les groupes et les mouvances islamistes où l’individu doit être soumis à la loi et à la législation divine, et que la charia selon leur lecture prime sur tout le reste.

Cependant de nombreux pays à majorité musulmane ont cédé aux pressions sociales internes, aux impératifs et aux besoins économiques et ont cessé de pratiquer les châtiments corporels, tels que couper les mains des voleurs, fouetter et lapider les adultères et les ont remplacés par des pénalités statutaires telles que des amendes et des peines de prison. Seuls quelques pays du golfe appliquent la charia telle quelle comme l’Arabie Saoudite. 

La pression de la société sur ces mouvements islamiques est donc primordiale pour faire avancer cette question des libertés individuelles.

Les mouvements islamistes au Maroc ont souvent recours à des révisions intellectuelles sur la question des libertés individuelles sous la pression des citoyens, de leurs affaires internes de mœurs ou du Palais Royal.

Citoyennes, Citoyens, mobilisez-vous ! Ce slogan est probablement une des réponses les plus efficaces pour embrasser tout changement, et que la lutte pour les libertés individuelles avant d’être réglée par des lois, doit être une bataille de terrain entre les esprits. Les valeurs de liberté et d’égalité ne peuvent pas être établies uniquement par des lois. La révolution culturelle pour changer les mœurs et les mentalités reste essentielle.

La société civile doit monter au front, et répondre présente à travers des initiatives citoyennes, le Collectif 490 s’inscrit dans cette dynamique, nous avons depuis le début pris à bras le corps ce combat, nous en avons épousé les principes et nous les avons défendus mordicus et nous continuerons à les défendre en restant toutes et tous hors la loi, jusqu’à ce que la loi change.

Youssef CHAOUI:
Collectif 490