La responsabilité des forces obscurantistes transislamistes et, en l’occurrence, celle du sinistre Recep Tayyip Erdoğan est de plus en plus flagrante au registre de l’activisme obscurantiste.

Après avoir mis à genoux la laïcité instaurée naguère par Kamal Ataturk, le voilà-t-il résolu à l’affaiblir au sein de l’Europe, principalement en France. Non pas par quelque attachement à la laïcité qui permit à la nation turque, au lendemain de la guerre 1914-1918, une transition douce entre l’Empire ottoman vaincu et écroulé et une république moderne façonnée avec une rigueur inégalée par le chef de guerre Kamal Attaturk.

Que nenni ! Le président turc tient mordicus, quoi qu’il lui en coûte, à la

« recalifalisation » de son pays via un interventionnisme expansionniste tous azimuts. Comment ne pas lier, en effet, les actes terroristes odieux en France aux funestes déclarations d’Erdogan qui, après avoir traité le président français d’aliéné mental, a aussitôt appelé au boycott des produits français ? Cette posture ne constitue-t-elle pas un casus belli flagrant ?

Tout comme la funeste fatwa khomeinienne contre Salman Rushdie, la «croisade » érdoganienne contre la France sous l’alibi de la stigmatisation des caricatures de Mahomet ne peut prétendre au statut d’un combat d’inspiration éthique, comme le prétend l’intéressé. Elle participe, outre le « containment » diplomatique de la France au Cham, en Libye et en Grèce, c’est-à-dire au cœur de la Méditerranée, d’une franche volonté de nuisance à l’encontre du vivre-ensemble au sein d’une République qui ne cherche qu’à retrouver la cohésion de ses citoyens musulmans avec le reste de leurs compatriotes.

Ce qui y allait, somme toute, de la souveraineté pleine et entière de ce pays, sachant que la république française n’intègre, depuis les Lumières, que les individus et non les communautés. Cet assaut médiatique et éminemment politique turc cible les Musulmans de France dans le but est de les rallier aux foules gagnées par le sarcome radical-islamiste à travers toute l’étendue de la sphère musulmane, de Tanger à Dacca.

En effet, les sorties antifrançaises du « Calife » turc est un casus belli factice dont la véritable motivation n’est autre que la neutralisation géostratégique de la France en Méditerranée orientale et méridionale (SEMED).

Un « contre-Sykes-Picot » pour ressusciter le Califat ?

En attaquant la France et son président, Recep Tayyip Erdoğan s’inscrit dans une idéologie expansionniste dont l’ambition totalitaire s’apparente à une nostalgie combative du défunt Empire ottoman. Les désintégrations sociopolitiques syrienne, irakienne, yéménite…etc. et l’implosion de fait du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont dû inspirer à Ankara le remake d’une espèce de « contre-Sykes-Picot » où la refonte des équilibres géostratégiques générée, à la faveur de la mondialisation, par notre ère post-modernitaire constituerait un élément favorable aux velléités impérialistes turques.

L’implication directe de la Turquie dans le conflit du Haut-Karabakh ne s’inscrit-elle pas dans le même « songe impérialiste » d’essence califale qui se refuse encore aujourd’hui à reconnaître l’horreur du génocide arménien?

Depuis le push manqué contre son régime le 16 juillet 2016, Erdoğan a inversé les priorités de sa diplomatie en écartant tout espoir d’intégrer l’Union européenne, en se tournant vers la Russie pour son armement alors que son pays est lié organiquement à l’OTAN et, surtout, en intégrant militairement les champs de bataille syrien, libyen et chypriote.

Ni les USA, ni a fortiori la Russie ne se dressèrent sur la route d’Erdoğan dans ses équipées géostratégiques tant syrienne ou Libyenne qu’anti-grecques.

Seule la France prit les devants en alertant l’Union européenne, en premier lieu l’Allemagne, sur la dangerosité des actions musclées turques en Méditerranée. D’autant que les intentions belliqueuses d’Erdoğan seront vite confirmées par les manœuvres militaires autour de Chypre, en voisinage belliqueux avec la Grèce, c’est-à-dire au cœur même de la Méditerranée orientale.

Parallèlement à cet expansionnisme militaire, le régime d’Ankara a multiplié depuis quelques années son entrisme géopolitique au sein des galaxies arabe et musulmane. Jusqu’au cœur de la rue arabo-musulmane, notamment par le biais des mouvances « islamo-fréristes » (Frères Musulmans) dont certaines se trouvent bel et bien au pouvoir, comme c’est le cas au Maroc où les islamistes

au pouvoir, écartant avec une superbe pour le moins incompréhensible le devoir de solidarité avec un allié meurtri, se sont vite ralliés, à travers le parti et son bras prédicationnel, à la position turque en

« stigmatisant » la liberté d’expression telle que garantie par la Constitution de la Vème république française, et ce au mépris de la souveraineté d’une puissance qui ne cesse de défendre la marocanité du Sahara au sein du Conseil de sécurité de l’ONU comme au sein de l’Union européenne !

En vérité, même s’il n’en a guère les moyens, le « Néo-Calife » turc aspire à remplacer l’activisme transislamiste wahabite aujourd’hui déclinant par un projet « sultanal » turc traversant médiatiquement, diplomatiquement et même géo stratégiquement le monde musulman et -pourquoi pas ?- ambitionnant, comme naguère, de lécher les remparts de l’Europe.

La cinquième colonne péjidiste

Le Maroc qui a vaillamment échappé, durant cinq bons siècles, à l’hégémonie de la Sublime Porte ne peut faire abstraction de l’activisme diplomatique, propagandiste et géostratégique du régime d’Erdogan. D’ores et déjà, son interventionnisme en Libye a failli faire capoter l’Accord de Skhirate dont l’ambition n’était autre que celle de mettre le Maghreb à l’abri des velléités hégémoniques des superpuissances et des nombreuses puissances régionales, sans compter les appétits des transnationales pétrolières et des lobbies d’armement.

Par ailleurs, au mépris flagrant des intérêts supérieurs de la nation marocaine, les islamistes qui pilotent le gouvernement ont vite fait suractiver, à travers leur formation politique, doctrinalement et nominalement homonyme du PJD turc, leurs brigades électroniques dans le sens exclusif des ambitions erdoganiennes. Ainsi en était-il de leur farouche opposition à tout réajustement en profondeur de l’Accord de libre-échange turco-marocain dont l’iniquité fragrante au détriment du Royaume ne pouvait continuer à prévaloir.

Ainsi en est-il également des déclarations pro-turques de certains ténors du PJD marocain qui nuit considérablement aux positions diplomatiques

officielles, lesquelles prônent la neutralité face aux nombreux conflits qui

minent la paix au Golfe, au Cham et ailleurs.

En vérité, je vous le dis, si l’on ne prend pas garde à la double-face de nos islamistes, la mainmise turque sur le Royaume, tant évitée à travers les siècles, risque de se glisser subrepticement, notamment par le biais de la « cinquième colonne » islamiste et à travers une fallacieuse « solidarité transislamique », vers le mental collectif des Marocains et, par conséquent, à la faveur du suffrage universel, vers nos institutions.

Vigilance, vigilance !