Par Dr Mohamed El Ouariachi Tani, Psychiatre et Écrivain.

La maladie mentale a cette vertu d’être « démocratique » c’est-à-dire qu’elle touche tout le monde de par le cosmos avec le même taux d’impact. C’est un pour cent de la population qui est atteint pour la schizophrénie. Le tiers de la population pour la dépression. Et je vous fais grâce des autres statistiques… 

Mais être schizophrène en Suède ou au Maroc signifierait-il que les soins et la prise en charge sont aussi démocratiques?

Belle et vaste question !

Durant ma carrière , j’ai arpenté (disons) une dizaine de centres de santé et autres hopitaux psy et créneaux qui sont érigés en mode de l’hygiène mentale. On y recevait les psychotiques en rémission jouissant d’une post-cure, mais déjà faut-il dire que l’espace temps alloué à cette activité était réduit à une peau de chagrin eu égard au nombre des patiens pouvant beneficier de ce sevice public et que des fois j’étais appelé à recevoir plus de 40 malades sur un aprem ou une matinée.

On s »amusait les années 80 quand nous étions 20 psy dans tout le pays, à dire que l’on pratiquait de la psychiatrie vétérinaire, mais ce ne fut qu’un mot d’esprit…

La dépression réactionnelle, pour en dire un mot, est (et je me refuse de considérer la dépression comme une maladie mentale (hors la mélancolie qui est une psychose délirante où il y a négation du corps et de la vie. Un état qui se greffe sur une prersonnalité fragile et je me demande comment peut-on écouter (juste en mode empathique) un dépressif dans un centre de santé …où tout manque en matière RH et autres médocs …

Revenons à la psychiatrie hospitalière qui, a mon humble avis, doit être le levier de la santé mentale. Elle doit se suffire à prendre les « vrais fous » qui sont des schizophrènes placés et ensuite pris en charge en mode postcure pour la plupart et qui sont susceptibles de commettre des actes médico-légaux tous azimuts visant souvent leurs proches et dont les conséquences pour la société sont souvent très graves …

Je loue la multiplication des hôpitaux psy quitte à ce que les consultations soient rémunérées mais qui soient sur le même diapason que le libéral qui, in fine, reçoit les gens démunis qui n’arrivent pas à avoir un rdv dans un centre hospitalier. Et c’est là où le bat blesse…

La psychiatrie qui est censée être la médecine la plus douce car très peu « mécanisée » se doit d’être un espace de développement humain mais en mode préventif au niveau scolaire. Pourquoi pas …Et reconnaître les autres thérapies alternatives me paraît discutable mais, personnellement, je ne les dénie pas; loin s’en faut!

Mais je dénonce, par contre, certains coachs de caniveau qui se font du blé sur le dos de bons naïfs de la galerie ..وللحديث شجون …