Ce matin, le ciel de Paris est plus bas. Il n’y a plus de flèche pour piquer notre imaginaire. Mais Notre Dame a tenu, grâce à tous ses bras, à toutes ses lances, à ces coeurs et ses regards tournés vers elle, à ses larmes pleuvant sur elle. 

A l’intérieur, la Croix est restée debout pour rassurer les croyants. A l’extérieur, ses cerisiers sont toujours en fleurs pour ombrager les passants et couver les amants.

Notre-Dame est restée là. Notre-Dame est restée belle.  

Notre-Dame de Paris avant l’incendie

Et si au lieu de vingt ans d’échafauds à laquelle elle était promise, nous nous collectons pour lui offrir la plus élégantes des restaurations, si nous arrivons à imaginer un artifice pour couvrir ses plaies le temps de recréer la magie, si nous replantons tous les arbres qu’il faudra couper pour forger sa charpente, alors nous pourrons êtres fiers d’être redevenus des bâtisseurs d’éternel. 

Par la force d’une Nation et d’un Etat laïque qui, comme le disait Hugo, ce grand amoureux de la Séparation et de Notre-Dame, veille à garder « l’Etat chez lui et l’Eglise chez elle »… Sans jamais oublier que la beauté architecturale, ce patrimoine sacré, est notre maison à tous.

Caroline Fourest