Coronavirus a pris tout le monde au dépourvu, à commencer par la Chine, le premier hôte et le premier provider du vilain virus, et se propageant inexorablement et invariablement un peu partout dans le monde.

Aujourd’hui tous les pays du monde n’ont qu’un seul mot d’ordre- se démener dans le combat sanitaire, pour sauver ce qui peut être sauvé, en termes de vies humaines.

Tout le monde est occupé, aujourd’hui, à mesurer l’ampleur de ses dégâts de santé et à comptabiliser ses pertes humaines, laissant le bilan des dommages collatéraux sur l’économie, pour plus tard- une autre rude épreuve, dont personne n’est capable d’en apprécier l’envergure et le Maroc n’est pas en reste.

Anticipons, sans faire dans la sinistrose.

Le Maroc dispose d’un matelas ou réserves de change, pour l’équivalent en USD 24 milliards, nous dit-on, soit un taux de couverture de 5 mois (ECI) Equivalent Couverture d’Importation.

Or les leviers ou les soutiers de nos réserves de change – Transferts RME, Tourisme et IDE- sont en panne aujourd’hui, et pour cause, la fermeture des frontières In/out.

Si l’on sait que notre balance commerciale est structurellement déficitaire, suivant le rapport étriqué d’exportations qui peinent à couvrir la moitié de nos importations, c’est dire le choc voire l’effritement auquel seront vouées nos réserves de change, quand bien même nos importations et nos exportations seraient tassées, aussi bien en volumes qu’en valeurs, à cause du Covid19.

Si cette pandémie persiste, ne serait-ce que jusqu’en Juin prochain, avec son lot de cloisonnement et d’isolationnisme universels contraints, notre matelas de réserves de change serait mis à plat et notre pays n’aurait plus de devises pour honorer ses factures à l’import, obérant et aggravant d’autant le déficit d’un compte courant, déjà bien mis à mal et bonjour, qu’à Dieu ne plaise, la situation de défaut de paiement ou le défaut, tout court.

D’aucuns m’opposeraient le recours au tirage sur notre modeste LPL (Lettre de Précaution de Liquidité) si ce n’est le recours direct au ‘’sauveur ‘’  FMI.

Personnellement, je crains le spectre du PAS de triste souvenir, notre pays ayant déjà tiré sur la corde de l’effet de levier (leverage), qui tournerait, je le crains, en effet de massue.

Le tempo de la crise étant plus rapide que le tempo de la reprise, je ne vois de réponses soutenables aux dommages collatéraux post-Covid19 qu’une REMISE A PLAT, de notre modèle de croissance et de notre modèle de développement. Le salut de notre pays est à ce prix.

Tough time is ahead !     

Mostafa MelgouChercheur en économie et Expert du secteur bancaire et financier. Ancien cadre supérieur de plusieurs groupes bancaires dont notamment la BMCI, la Saudi French Bank à Jeddah, Sahara Bank en Libye, et ABNAMRO Bank. Il est co-fondateur de la plateforme ANALYZ.MA