Depuis 1996, le Maroc n’a cessé de sceller des Accords de Libre-échange (ALE), à la hussarde, jusque à en compter, aujourd’hui, pas moins de 56. Cependant, les gouvernements se suivent (et se ressemblent), sans qu’aucun d’entre eux n’ait jamais pris la peine de s’interroger quant aux retombées-retours économiques et financières de ces ALE sur notre économie, l’établissement de bilans et (Profit & loss statement) n’étant pas la règle, dans le pays où les choix des options économiques se conçoivent sous le prisme de la politique du ‘Salut’ et du miracle ‘ Ouvres-toi Sésame’, se jetant allègrement dans la gueule du loup !

Venons-en au constat imparable de la toxicité de ces ALE, chiffres à l’appui, étayant le déficit de notre balance commerciale vis-à-vis de tous nos partenaires, qui réalisent des excédents commerciaux qui se traduisent ipso facto par des déficits de notre balance commerciale.

Quelques chiffres (2017), dénotant les positions excédentaires de nos partenaires, aux dépens de la balance commerciale de notre pays :        

Turquie. Mad 12,4 bln; USA. Mad  20,1 bln; Egypte. Mad 3,3 bln ; Tunisie. Mad 1,18 bln.

En vertu de la mécanique des vases communicants d’entre les agrégats économiques, tous ces déficits commerciaux qu’affiche notre pays vis-à-vis de ses partenaires se répercutent sur le solde de notre balance de paiement, pour le plomber chaque année un peu plus, avec in fine, comme corollaire, l’érosion de réserves de change en devises.

On le voit à l’œil-nu, ces ALE mal négociés, par manque d’expertise et sans études d’impact n’ont fait qu’ajouter des déficits au déficit chronique de notre balance commerciale, qui a atteint le seuil fatidique des Mad 200 bln, selon le rapport inique que chaque dirham exporté  ne couvre que la moitié de chaque dirham importé.

On l’a vu, les effets directs néfastes sur nos agrégats de ces ALE, négociés ‘bulk’ et sans discernement ne sont plus à prouver. Inutile, donc, de s’appesantir sur leurs dommages collatéraux sur notre tissu économique et social, en termes de manque à gagner, qui se chiffre en dizaines de milliards de dirhams, en taxes douanières et autres impôts et taxes fiscaux, et partant en recettes du Trésor, de fragilisation de notre industrie, déjà mal en point, voire menace même certaines filières telle que le Textile, avec tout ce qui s’ensuit comme perte d’emploi….

Que faire ?

Il faut remettre à plat tous nos ALE, dans la perspective d’ALE sui-generis, et des partenariats commerciaux gagnant-gagnant, dans l’attente de PROMOUVOIR NOTRE OFFRE EXPORTABLE. A défaut, l’on continuera sur le voie étriquée et viciée des rapports « pot de terre, conte pot de fer ».

Le mot de la fin.

On n’établit pas des ALE avec des soubassements et à l’aune des ACCOINTANCES POLITIQUES, mais au vu de leurs pertinences, sur la base d’un SWOT analysis (Strengths, weaknesses, Opportunities & Threats) ! 

Tout un débat !

Mostafa MelgouChercheur en économie et Expert du secteur bancaire et financier. Ancien cadre supérieur de plusieurs groupes bancaires dont notamment la BMCI, la Saudi French Bank à Jeddah, Sahara Bank en Libye, et ABNAMRO Bank. Il est co-fondateur de la plateforme ANALYZ.MA