Mais a-t-on vraiment crise au Maroc ?

Manifestement, la réponse est oui. Commençons par l’agrégat le plus significatif, à savoir la balance commerciale. Je ne divulgue pas un secret pour dire, qu’en moyenne nos exportations ne couvrent en valeur nos importations que dans la fourchette 40 à 50% et les perspectives de renverser la tendance relèvent presque de l’impossible.

Le déficit est donc chronique et ne cesse de se creuser chaque année un peu plus, impactant négativement notre balance des paiements.

Pour atténuer le niveau du déficit de la balance des paiements, le Maroc avaient recours par le passé aux IDE, transferts des MRE et des revenus du tourisme (entrant).

Avec le spectre de la récession qui menace le monde actuellement, et pour cause cette endémie du covid19, ces sources de rééquilibrage qui relèvent de l’hypothétique se sont gravement ressenties aujourd’hui.

La question qui coule de source ne serait-elle pas que notre pays doit revoir la structuration de notre balance commerciale ?

Le deuxième registre qui reflète la situation de crise porte sur le déficit budgétaire qui s’établit aujourd’hui à pas moins de 4%, pour un taux de croissance ne dépassant plus les 2,8%.

Ce déficit ne peut être apuré que par trois leviers :

– Un niveau de croissance décent au moins égal à celui du déficit.
– Le levier de la dette souveraine auprès des institutions financières.
–     La planche à billet (la création monétaire).

Dans cette attente et, nos prévisions de croissance pour 2020 devant être revues à la baisse, Coronavirus  et sécheresse obligent, il ne reste d’autre alternative pour notre pays, après avoir usé et abusé du levier de la dette, que le patriotisme économique qui doit être décliné sous forme d’un code de conduite qui contraint toutes les strates de la société, gouvernants et gouvernés, entreprises et particuliers, secteur public et secteur privé, le tout adossé à une grande cure dans les dépenses de fonctionnement d’un Etat surdimensionné.

Mostafa MelgouChercheur en économie et Expert du secteur bancaire et financier. Ancien cadre supérieur de plusieurs groupes bancaires dont notamment la BMCI, la Saudi French Bank à Jeddah, Sahara Bank en Libye, et ABNAMRO Bank. Il est co-fondateur de la plateforme ANALYZ.MA