Elle ne jurait que par l’assemblée constituante et le pouvoir « au peuple » dans les années 60-70, avant que ces revendications ne sombrent dans l’oubli.

Aujourd’hui, la gauche reparlera sans doute d’égalité, de droits et de l’ordre juste, sans tellement savoir si ces mots ont un impact sur le quotidien des gens.

Nous sommes en droit de nous interroger sur le sens de ces mots, et s’il ne s’agissait en fait que d’un sentiment de révolte qui se transmet de génération en génération.

Nous ne connaissons pas de littérature de la gauche Marocaine sur les questions d’aujourd’hui, telles l’économie verte, la décroissance, le numérique, l’énergie propre……etc.

La gauche, au Maroc, en est réduite aujourd’hui à des mouvements sociaux disparates agrippés à des logiciels du siècle dernier, n’offrant aucune expérience participative probante pour impulser un nouveau mode de pensée et de vivre.

Notre gauche peut-elle, aujourd’hui, brandir des credo d’antan sans retomber dans ce que qu’Henri Meschonnic nomme :

 » Le bois de la langue …… de ce bois dont on a plein la bouche, au point qu’on ne sait plus s’il est en nous et que nous devenons de bois, ou si nous sommes perdus dans la langue comme au fond d’un bois. »

Le Maroc a besoin d’une gauche en évolution et non pas d’une gauche en rupture de ban, gérée astucieusement à la marge par le système qu’elle est censée, précisément, combattre ?