Comme les sondages l’avaient parfaitement prévu, la gauche social-démorate sous le leadership de Pedro Sanchez a remporté, dimanche 28 avril, les élections législatives en Espagne. Avec 123 sièges, soit 29% des voix, le PSOE marque ainsi un véritable progrès par rapport aux législatives de 2016.

Mais la grande surprise de ces législatives est venue de l’extrême droite. Le parti VOX marque une entrée en force au Parlement avec 24 sièges. Une première depuis l’époque franquiste!

N’ayant pas eu la majorité absolue – 176 sur 350 sièges – Pedro Sanchez sera-t-il contraint de serrer à gauche pour pouvoir constituer une coalition gouvernementale, ou maintiendra-t-il la celle en place depuis le mois de juin dernier ? En tout cas, le passage par l’épreuve des négociations est d’autant plus inévitable que la coalition qui en émanera, ne sera pas facile à gérer.  

En terme d’enjeux stratégiques, Pedro Sanchez devra relever trois défis majeurs:

  • Faire en sorte que le caractère fragmenté du Parlement issu du scrutin, ne débouche pas sur une nouvelle période d’instabilité, qui marque la politique espagnole depuis la fin du bipartisme conservateurs-socialistes en 2015. Faut-il rappeler que Pedro Sanchez, est arrivé au pouvoir en juin 2018 après avoir opéré une motion de censure contre le conservateur Mariano Rajoy.
  • Freiner la montée de l’extrême droite qui profitera certainement de son entrée au Parlement pour développer sa notoriété et battre, à coup de populisme et de nationalisme, un 1er Ministre qui considère l’Europe comme étant sa patrie.
  • Gérer les revendications indépendantistes issues la tentative de sécession de la Catalogne en 2017 dont la principale figure, l’ancien président catalan Carles Puigdemont, est en asile en Belgique. Et ce, au moment où douze dirigeants indépendantistes font l’objet d’un procès historique devant la Cour Suprême qui devra rendre son jugement vers le mois de juillet prochain.

AnalyZ